Pétrole : les prix augmentent, la consommation baisse

Depuis le mois de février, le pétrole porte décidément très bien son nom de l’« or noir ». Le prix du litre atteint des sommets, tandis que la consommation des Français diminue.

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Chaque semaine, le prix de l’essence bat des records et, mi-mars, c’est le gazole qui, à son tour, a atteint des sommets. Au 13 avril, le Sans Plomb 95 s’élevait à 1,6664 euros le litre, et le gazole à 1,4362 euros. Le Sans Plomb 98, toujours le plus cher du marché, enregistre une légère baisse, puisque le litre coûte 1,7095 euros, contre 1,7121 euros la semaine précédente.

Cette flambée des prix, qui ne cesse depuis fin 2011, s’explique notamment par les tensions géopolitiques dans les pays fournisseurs, tels que l’Iran, le Soudan ou encore le Nigéria, qui maintiennent les cours du pétrole brut à des niveaux très élevés.

Une baisse de la consommation

La hausse des prix de l’essence freine les Français à remplir leur réservoir. En février, la consommation de carburants a baissé d’1,6 %. Jean-Louis Schilansky, le président de l’union française des industries pétrolières (Ufip) interviewé par l’AFP, prévoit une chute de la consommation d’1 à 1,5 % sur l’année 2012 si les cours ne diminuent pas. Il faut dire aussi que les voitures sont de moins en moins gourmandes en énergie.

Une conduite plus éco-responsable

L’inflation des prix du pétrole aura au moins ça de bon. Les conducteurs, voyant les cours s’emballer, préfèrent moins consommer, et adoptent un comportement plus écologique. On utilise moins sa voiture, favorise les transports en commun ou encore le co-voiturage. « Les automobilistes semblent avoir adapté leur comportement. Les conseils d’éco-conduite sont entendus », indique l’Ufip.

Stéphane Levêque, le directeur de l’union routière de France, explique que les conducteurs effectuent une « contraction des trajets entre le domicile et les loisirs », qui n’aurait sans doute pas lieu si les prix étaient moins élevés. Seuls les trajets vers le travail restent « contraints ».

Une baisse des accidents

Depuis que le cours de l’essence a augmenté, on note une baisse des accidents de la route. En mars, le nombre de tués avait diminué de 9 % par rapport à l’année dernière. En février, on avait même battu des records, en rabaissant ce chiffre de 25 %. « A partir du moment où vous avez moins de consommation, vous avez moins de circulation et donc il n’est pas anormal qu’on ait moins d’accidents », confirme Stéphane Levêque.

Mathilde Bourge