Phlébite : une vraie urgence

Alors que s’est tenu le 21 mars dernier, le quarante-huitième congrès du Collège Français de Pathologie Vasculaire, l’accent était mis sur la phlébite. Une pathologie mal connue qui provoque chaque année 10 000 décès.

0
4744
En cas de doute, consulter votre médecin généraliste qui saura poser un diagnostic et prescrire le traitement adapté ©ThinkStock

La phlébite est une maladie au nom familier. 85 % des Français en ont entendu parler (notamment lors de la crise des pilules contraceptives), pourtant 66 % ne savent pas citer ses symptômes. Or, cette connaissance peut sauver des vies.

Chaque année, 100 000 personnes souffrent d’une phlébite et 10 000 d’entre elles en meurent. Car la phlébite est une maladie cardiovasculaire qui survient lorsqu’un caillot de sang bouche partiellement ou totalement, une veine, empêchant la bonne circulation du sang. Si elle n’est pas traitée, la phlébite peut se compliquer en embolie pulmonaire : le caillot qui se trouve au niveau des membres inférieurs se détache et migre vers un vaisseau des poumons.

Des préjugés sur la phlébite

Mais si l’on agit vite, la phlébite se soigne, et bien. C’est donc en ce sens que le congrès du Collège Français des Pathologie Vasculaire a voulu sensibiliser le public cette année aux signes avant-coureurs de la phlébite. À l’initiative des laboratoires pharmaceutiques Bayer, une campagne d’information baptisée « Douleurs, lourdeurs, gonflements : 3 signes pour réagir » a été mise en place.

Comme les pathologies mal connues du grand public, la phlébite souffre de préjugés qui affaiblissent la vigilance : non, elle ne touche pas d’avantage les femmes que les hommes, et uniquement les plus âgés. Le risque est favorisé par la génétique, les opérations chirurgicales, les hospitalisations, les traumatismes et les cancers, mais aussi la grossesse, l’obésité, et le tabagisme.

Le traitement diminue les risques d’embolie pulmonaire

Le meilleur réflexe reste la consultation : « Une douleur et une sensation de lourdeur dans le mollet au repos, ainsi qu’un gonflement de la jambe doivent attirer l’attention dans l’hypothèse d’une phlébite », explique le Dr Jean-Pierre Laroche, médecin vasculaire au CHU de Montpellier.

En cas de doute, consulter votre médecin généraliste qui saura poser un diagnostic et prescrire le traitement adapté : un anticoagulant et le port de bas ou chaussette de contention. « Lorsque la phlébite est prise en charge, le risque mortel ne dépasse pas 0,3 % dans le mois qui suit alors qu’il atteint 25 % en l’absence de traitement », souligne le Dr Laroche.

Voir la campagne de prévention :

Laurie Ferrère