Pilule de 3e génération : « moins dangereuse que le cyclisme »

D'après des experts internationaux de la santé, la France n'a pas de preuves suffisantes pour incriminer les pilules de troisième et quatrième générations.

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Il n'y aurait pas de données suffisantes pour incriminer la pilule de troisième génération ©ThinkStock

Les pilules de troisième et quatrième générations seraient « moins dangereuses que le cyclisme ». C’est en tout cas l’avis de vingt-six gynécologues, obstétriciens et spécialistes de la reproduction, basés en Europe et aux Etats-Unis.

Dans une tribune, publiée dans le Journal of family planning and reproductive health care, ces spécialistes affirment que les conclusions rendues par la France depuis le scandale autour de ces contraceptifs ne sont pas suffisantes. Elles auraient même « porté préjudice à tous, spécialement aux femmes ». Selon eux, « le sur-risque de décès d’une femme prenant une pilule moderne est de un sur 100 000, ce qui est inférieur au risque associé à des activités courantes comme le cyclisme ».

Par ce biais, les experts critiquent ouvertement l’alerte de la France et de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) qui ont récemment mis en garde les femmes face aux risques liés à ces pilules de dernière génération. Conséquence de cette alerte : la vente de ces contraceptifs a baissé de 23 %, quand les pilules de première et deuxième génération ont augmenté de 16 %.

Pilule de 3e génération : des données manquantes

Pour le rappel, en décembre dernier, une jeune femme avait porté plainte, suite à un AVC causé par la prise d’une pilule de troisième génération. Depuis, les experts ont alerté sur les risques accrus de thrombose veineuse liés à ces contraceptifs. Mais selon les auteurs de la tribune : « Actuellement, les données manquent ou bien sont controversées. Des études prospectives, bien contrôlées et additionnelles sont nécessaires. »

Maxime Quéma