Plan de stabilité : comment réaliser 50 milliards d’économies ?

Manuel Valls a obtenu le vote des députés pour son Plan de stabilité. Comment le Premier ministre compte-t-il réaliser 50 milliards d’euros ?

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Manuels Valls a redoublé d’effort pour convaincre les députés de voter pour son programme de stabilité budgétaire. Mardi 29 avril, « cet acte fondateur », censé faire économiser 50 milliards d’euros, a été adopté par l’Assemblée à 265 voix contre 232. Comment le Premier ministre compte-t-il faire ces économies ? Qui va les payer ?

Comment se décomposent ces 50 milliards ?

Pour mener à bien son projet censé engager le reste du quinquennat de François Hollande, Manuel Valls mettra quatre secteurs à contribution :

Les collectivités locales : 11 milliards d’euros

La protection sociale : 11 milliards d’euros

L’Etat : 18 milliards d’euros

La santé : 10 milliards d’euros

Comment Manuel Valls compte-t-il s’y prendre ?

Du côté des retraités :

Dans son plan initial, Manuel Valls prévoyait le gel des pensions de retraite, qui ne seraient pas revalorisées pour suivre la hausse des prix, entraînant une perte de pouvoir d’achat des seniors. Mais face aux tensions, le Premier ministre a fait un geste ce mardi : les 6,5 millions de retraités touchant moins de 1 200 par mois seront épargnés par cette désindexation. Leurs pensions continueront donc à suivre l’inflation. Ce dispositif aura tout de même un coût : environ 300 millions d’euros.

De plus, les retraites complémentaires, déjà déconnectées de l’inflation, devraient également permettre au gouvernement d’effectuer deux milliards d’économies supplémentaires d’ici la fin du mandat de François Hollande.

Concernant la protection sociale :

A l’instar du dispositif des pensions de retraite, les prestations familiales ne s’aligneront plus automatiquement sur la hausse des prix. « Cela concerne toutes les familles qui touchent les allocations familiales, une aide universelle, mais cela va aussi affecter les familles qui perçoivent la Paje ou le complément de mode de garde, des allocations qui sont pourtant attribuées sous conditions de ressources et qui permettent à beaucoup de familles de boucler des fins de mois difficiles », redoute Jean-Louis Deroussen, président de la Caisse nationale d’allocation familiale, sur France Info.

Le gouvernement envisagerait aussi une nouvelle réforme de la politique familiale, permettant l’économie de 800 millions d’euros supplémentaires. Mais pour le moment, Matignon refuse de donner les noms des prestations qui pourraient être concernées.

Pour l’Etat :

Pour réaliser 18 milliards d’économies, l’Etat devrait principalement se concentrer sur le régime des fonctionnaires. Le point d’indice servant de base à leur rémunération, gelé depuis déjà quatre ans, devrait continuer de l’être jusqu’en 2017. Néanmoins, Manuel Valls a accordé une « clause de revoyure », impliquant la remise sur la table de cette désindexation l’année prochaine.

Les agences d’Etat, type CNRS et Météo France, seront également mises à contribution.

Enfin, les différents ministères devront réduire leurs dépenses de fonctionnement, mettre en commun leur centrale d’achat ou encore vendre une partie de leur patrimoine immobilier. Le gouvernement n’a en revanche pas donné d’objectif chiffré sur ce point.

Concernant les dépenses de santé :

Toute la difficulté de ce projet sera de réduire les dépenses sans altérer la qualité des soins. Pour y parvenir, le gouvernement souhaite faire pression sur l’industrie pharmaceutique pour une baisse du prix des médicaments.

Manuel Valls souhaite également inciter les Français à avoir davantage recours aux génériques, moins onéreux. Les médecins devront également lever le pied sur le volume des prescriptions.

Enfin, les hôpitaux seront priés de privilégier, dans la mesure du possible, la chirurgie ambulatoire, soit les opérations sans hospitalisation.

La répartition des 50 milliards d’économie par grand poste

Mathilde Bourge