Plats au poisson : des étiquettes imprécises

L'association de défense des consommateurs CLCV a passé au crible les étiquettes de soixante-dix produits à base de poisson. Elle dénonce le flou des étiquettes, qui serait volontairement entretenu par les industriels.

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Pour 30 % des produits observés, aucun pourcentage de poisson n'est clairement affiché. - crédit photo : Art Allianz ©ShutterStock

Les informations présentées sur les plats cuisinés au poisson seraient insuffisantes, regrette la CLCV (Consommation, logement et cadre de vie), qui publie ce lundi 23 juin les résultats d’une enquête basée sur l’analyse de soixante-dix produits à base de poisson. L’association nationale de défense des consommateurs et usagers pointe du doigt les industriels, qui, selon elle, seraient les principaux responsables de ce manque de transparence.

Pour plus de 50 % des produits, aucun type de poisson n’est affiché

Parmentiers, panés, nuggets, rillettes, soupes et surimis font partie des produits passés au crible. Il s’agit aussi bien de marques distributeurs que de marques nationales. L’association constate que les données affichées sur les emballage sont souvent imprécises, en particulier concernant le nom des espèces utilisées et le pourcentage exact de poisson contenu dans le produit (AFP). Sur plus de 50 % des produits étudiés, notamment les soupes et les surimis, l’étiquette ne mentionne aucun type de poisson. Il est simplement question de « poisson » ou de « poisson blanc » par exemple.

Autre constat : dans 30 % des cas, aucun pourcentage de poisson n’est clairement affiché. Certaines marques présentent uniquement la quantité de poisson utilisée dans la farce qui a servi à la préparation puis le pourcentage de farce dans le produit final. Avec une telle présentation, il est facile d’embrouiller l’esprit des consommateurs.

La CLCV exige une amélioration des règles d’étiquetage

D’après les observation de la CLCV, 80 % des produits observés sont fabriqués à partir de « chair » ou de « pulpe de poisson » et non de filets de poisson. Des termes flous, que les consommateurs risquent de ne pas savoir décrypter. En réalité, il s’agit de chutes de filetage. Les morceaux intéressants (baron, filet, etc.) sont mis de côté. Aux restes, on ajoute de la peau et des arêtes avant de mixer le tout dans des broyeurs. Bref, un « mélange peu ragoutant », constate la CLCV. L’association reconnaît qu’il n’y a a priori pas de risque pour la santé mais ces produits sont tout de même de « qualité très médiocre ».

L’association réclame aux pouvoirs publics et aux professionnels du secteur de clarifier les règles d’étiquetage pour que les consommateurs puissent clairement « savoir ce qu’ils mangent » et comparer de manière optimale les produits d’une même catégorie.

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Damien Rigat