Porc-épic : ses épines pourraient devenir seringues !

Des chercheurs américains ont remarqué que les épines du porc-épic pénétraient deux fois plus facilement la peau que l'aiguille d'une seringue. Une découverte qui pourrait faire évoluer certaines pratiques médicales.

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Des points de suture pourraient être conçus à base d'épines de porc-épic. ©Fotolia

Le porc-épic, ça pique. C’est à partir de ce simple constat que les scientifiques de la Harvard Medical School de Boston ont entamé leurs recherches sur l’Erethizon dorsatum, une espèce de porcs-épics vivant en Amérique du Nord. Bilan : le porc-épic, ça pique et même très bien ! L’équipe de chercheurs s’est aperçu que les épines de l’animal pénétraient les tissus beaucoup plus facilement que les autres porcs-épics et les seringues hypodermiques. Les résultats de leur étude – publiés en novembre dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) – pourraient être employés à des fins médicales.

Porc-épic : des épines qui ressemblent aux hameçons

Pour en venir à une telle conclusion, les scientifiques ont effectué des tests sur des muscles de poulet et de la peau de cochon. Ils ont alors remarqué que pour atteindre la même profondeur de peau, l’épine de porc-épic demandait deux fois moins de force qu’une seringue en acier. Cette propriété serait due à l’existence de piquots microscopiques présents à chaque extrémité de chaque épines (près de 30 000 au total). Ces piquots représenteraient en effet 50 % de la force de résistance. Autre propriété : ils se bloquent contre le tissu, à la manière d’un hameçon, ce qui rend leur extraction compliquée.

Porc-épic : ses épines inspirent une nouvelle forme de pansements

Ces différentes propriétés ont immédiatement interpellé les scientifiques qui voient en elles une belle opportunité pour faire avancer la science. Parmi les hypothèses avancées, l’équipe de la Harvard Medical School envisage la possibilité de concevoir des aiguilles moins douloureuses – car transperçant plus facilement la peau. Des points de suture pourraient aussi être conçus à base d’épines de porc-épic. Quant aux piquots, ils pourraient inspirer une nouvelle forme de pansements et remplacer la colle, parfois responsable d’inflammations.

Damien Rigat