Portable et cancer : une étude confirme le lien

Une étude française confirme le lien entre cancer et utilisation du téléphone portable. Au-delà de quinze heures passées au téléphone par mois, le risque de développer une tumeur serait plus élevé que la moyenne.

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L'étude ne signifie pas, pour autant, que toutes les personnes qui téléphonent régulièrement vont être touchées par une tumeur au cerveau, ©ShutterStock

Appeler régulièrement depuis son téléphone portable représenterait bel et bien un risque pour la santé. Selon des chercheurs de l’Institut de santé publique d’épidémiologie et de développement (Isped) de l’université de Bordeaux, utiliser l’appareil plus d’une demi-heure par jour, soit quinze heures par mois, augmenterait le risque de développer un cancer par rapport à une utilisation non régulière. Les résultats de ces travaux ont été publiés le 9 mai dans la revue Occupational and Environmental Medicine.

Les accros du portable ont deux fois plus de risque de développer un gliome

Pour parvenir à cette conclusion, l’équipe de scientifiques a observé des personnes atteintes de tumeurs cancéreuses dans le Calvados, la Gironde, l’Hérault et la manche en s’intéressant de près à leur utilisation du portable. Elle a constaté que les professionnels utilisant beaucoup leur téléphone, tels que les vendeurs et les commerciaux évoluant en zone urbaine, avaient plus de risque de développer des gliomes ou des tumeurs temporales. « Le risque de contracter un gliome est multiplié par deux pour les utilisateurs de longue durée d’un portable », explique le médecin épidémiologiste Annie Sasco, cité par Le Parisien. Rappelons qu’en octobre 2012, la Cour de cassation italienne a reconnu que la tumeur au cerveau contractée par un cadre supérieur avait un lien direct avec l’utilisation de son portable. Le plaignant utilisait depuis douze ans l’appareil en moyenne trente heures par semaine.

Les chercheurs sont néanmoins prudents. Leur étude ne signifie pas que toutes les personnes qui téléphonent régulièrement vont être touchées par une tumeur au cerveau, indiquent-ils. Les instances officielles ont toutefois conscience des dangers encourus par les usagers. Le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) a classé « cancérogènes possibles » les champs électromagnétiques de radiofréquences, dont font partie « ceux émis par les téléphones portables et sans fil ». De son côté, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait déclaré en 2011 que l’usage des téléphones portables serait « peut-être cancérogène pour l’homme ».

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Cécile David