Pour le cœur artificiel c’est reparti

Après quatre mois d’incertitude, la société biomédicale Carmat annonce qu’elle est de nouveau autorisée à réaliser les essais sur le cœur artificiel bioprothétique.

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Trois autres patients devront encore recevoir un cœur artificiel bioprothétique pour que l'essai soit validé. ©ShutterStock

Le processus avait été arrêté il y a quatre mois. Le premier patient greffé d’un cœur artificiel était décédé le 2 mars dernier, 75 jours après son implantation à l’hôpital européen Georges Pompidou à Paris.

Mais pour Carmat, société française de biomédicale, la recherche ne s’arrête pas là. La société annonce jeudi 17 juillet avoir obtenu le feu des autorités sanitaires pour « reprendre l’essai de faisabilité du premier cœur bioprothétique ». Ce cœur, unique au monde, est le premier à être qualifié de « total » car il comporte les deux ventricules. Contrairement aux dispositifs déjà existants, il ne nécessite aucune pièce mécanique ni pompe à l’extérieur du corps pour fonctionner et est destiné à être greffé de manière définitive.

De nouvelles mesures de sécurité

La société Carmat a également expliqué que de nouvelles mesures complémentaire avait été mises en place afin de poursuivre l’essai « dans les meilleures conditions de sécurité ». Car, si le Pr Alain Carpentier, inventeur du cœur bioprothétique, avait avancé l’hypothèse d’un arrêt du cœur brusque à la suite d’un court-circuit, les circonstances exactes de la mort du premier patient restent, à ce jour, inexpliquées. La société tient également a souligné que le critère de succès retenu pour ces premiers essais était la « survie à 30 jours » des patients et qu’avec « 75 jours de survie » la première implantation était donc « probante ».

L’histoire continue pour Carmat et le recrutement des patients peut reprendre. Après la première implantation, trois autres patients devront encore recevoir un cœur artificiel bioprothétique pour que l’essai soit validé. Pour autant, les risques associés à cette innovation médicale sont élevés, les patients éligibles pour le test devront donc avoir « un pronostic vital engagé à brève échéance », comprendre ici « option de dernier recours » et « fort risque de décès »

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Laurie Ferrère