Pourquoi finit-on les paquets de chips ?

Quand on ouvre un paquet de chips, on le finit ! Pourquoi ne peut-on pas s'arrêter ? Réponse.

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Des récentes études ont démontré que les deux tiers des Américains qui sont obèses ou en surpoids, grignoter pour le plaisir est une véritable addiction, très nocive pour la santé. ©ThinkStock

Une chips, deux chips, trois chips… Et finalement, tout le paquet y passe ! Ne mentez pas. Ça nous est tous arrivé. Comment un simple bout de pomme de terre frit peut-il faire céder notre volonté aussi facilement ? C’est la question que s’est posé Tobias Hoch, de l’Université Friedrich-Alexander d’Erlangen-Nuremberg (Allemagne).

Tout d’abord, le chercheur est parti d’une « horrible réalité ». De récentes études ont démontré que pour les deux tiers des Américains qui sont obèses ou en surpoids, grignoter pour le plaisir est une véritable addiction, très nocive pour la santé.

De là, Thomas Hoch n’a pas mené de recherches sur les humains mais sur… des rats, qui, tout comme l’homme, adorent les chips !

Pourquoi les chips sont-elles addictives ?

Certes, la graisse et le taux de glucides contenus dans cette friandise contribuent à la rendre attrayante. Mais ce facteur est-il déterminant ? Pour le savoir, le chercheur a donné à ces rats trois types de nourriture :

– Leurs boulettes habituelles

– Un mélange de gras et de glucides (bon appétit !)

– Des chips

Résultat ? Les rats ont englouti les trois plats de la même manière mais, visiblement, les chips leur ont procuré plus de plaisir. Après les avoir mangées, les rongeurs étaient plus actifs. Le gras et les glucides, présents dans les deuxième et troisième plats, n’ont donc pas eu le même effet sur l’animal.

Pour savoir quelle a été la différence entre ces deux mets, Tobias Hoch et son équipe ont alors soumis les rats à une IRM à contraste renforcé au manganèse. Ils ont finalement constaté que les systèmes de récompense et d’addiction des rats étaient plus réactifs lorsqu’ils mangeaient des chips. Il y aurait donc bel et bien un déclencheur moléculaire qui stimule cette partie du cerveau chez les rats… comme chez les hommes.

Le prochain objectif de Tobias Hoch ? Identifier l’élément qui donne autant de plaisir et conduit, parfois, à l’obésité. Pour cela, le chercheur compte pratiquer des IRM sur des humains.

A terme, le scientifique espère pouvoir développer des médicaments ou des nutriments à ajouter à la nourriture, capables de bloquer le phénomène d’attraction des produits de grignotage.

A l’inverse, il serait également possible d’introduire un ingrédient magique aux aliments peu appréciés, comme les choux de Bruxelles ou le chou-fleur, afin de les rendre plus attractifs.

Mathilde Bourge