Pourquoi fumer du cannabis donne faim ?

Des chercheurs américains ont compris pourquoi fumer du cannabis ouvrait l'appétit. Grâce à cette découverte, de nouveaux traitements contre des pathologies graves pourraient être développés.

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Les cannabinoïdes envoient des signaux au cerveau poussant le fumeur à manger. ©ShutterStock

Les consommateurs de cannabis le savent : fumer un joint donne faim. Et pour la première fois, des chercheurs de l’Université de Yale (Etats-Unis) ont cherché à comprendre pourquoi fumer ouvrait l’appétit. Si ce fait peut paraître anecdotique, en découvrir l’origine pourrait ouvrir la voie à de nouveaux traitements pour certaines maladies graves. Explications.

Le cannabis contre les effets secondaires de graves maladies

Pour comprendre pourquoi le cannabis engendre de grosses fringales, les scientifiques se sont intéressés aux neurones POMC (pro opiomélanocortine). Lorsque ceux-ci fonctionnent correctement, ils transmettent un signal de satiété à l’hypothalamus. Mais après avoir été exposés aux cannabinoïdes (présent dans le cannabis), certains de ces neurones changent totalement de comportement. Au lieu de signaler que l’estomac est plein, ils envoient le message inverse. Le cerveau réclame alors à nouveau de la nourriture.

Reste à savoir si ces effets constatés sur des souris seront les mêmes chez l’homme. Si c’est le cas, cette découverte pourrait conduire à l’élaboration de nouveaux médicaments, capables de soulager les patients sous traitements très lourds, comme la chimiothérapie, aux effets secondaires anorexigènes. D’autres troubles, comme la dépression ou l’anxiété pourraient également être traités.

Le cannabis est déjà autorisé dans certains pays pour soulager les douleurs engendrées par la sclérose en plaque ou le cancer. Il est également connu pour stimuler l’appétit des patients victimes de nausées et/ou de troubles digestifs secondaires aux traitements type chimiothérapies ou tri-thérapies.

Source : Hypothalamic POMC neurons promote cannabinoid-induced feeding, Nature, 18 février 2015.

Mathilde Bourge