Pourquoi les Britanniques ne voudraient-ils plus faire partie de l’UE ?

Le Premier ministre britannique David Cameron propose, s’il est réélu, d’organiser un référendum sur la sortie ou non du Royaume Uni de l’Union européenne. Voici les raisons qui pousseraient les Britanniques eurosceptiques à répondre « yes ».

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David Cameron lors de son discours sur l'Europe, mercredi 23 janvier 2013 ©Sipa

« In or out ». La question à laquelle seront soumis les Britanniques à l’horizon 2015-2018, si David Cameron est réélu, est simple : veulent-ils, oui ou non, voir leur pays sortir de l’Union européenne ? Le Premier ministre britannique s’est engagé, mercredi 23 janvier, lors d’un discours clé sur l’Europe, à organiser un référendum, en précisant que celui-ci aura lieu une fois seulement que « nous aurons négocié un nouvel accord » sur les relations de la Grande-Bretagne avec l’UE.

S’il se met dans la poche les eurosceptiques, David Cameron sait aussi que sa proposition irrite certains pays comme la France ou l’Allemagne. Ses partenaires au sein de l’UE refusent l’idée d’une Europe « à la carte » où chaque État prendrait ce qui l’arrange, mais se désolidariserait en cas de coup dur.

Pour quelle raison les Britanniques ne voudraient-ils plus faire partie de l’Europe ? De quoi ont peur les eurosceptiques britanniques, nombreux dans le camp conservateur de Cameron ? Quelques éléments de réponse.

Crise de l’euro et impact sur l’économie britannique

Pour rappel, la Grande-Bretagne fait bien partie de l’Union européenne mais pas de la zone euro. La politique menée par Bruxelles pour tenter de résoudre la crise monétaire ne doit pas entraver l’économie britannique, pensent les eurosceptiques.

« Nous soutenons l’union bancaire pour résoudre la crise de la zone euro qui nous préoccupe au premier plan, mais nous veillerons à ce que les autres pays non membres de l’euro ne soient pas discriminés par les mécanismes de contrôle du système financier », soulignait-t-on ainsi à Downing Street en octobre dernier. Certains craignent, par exemple, que la tutelle des établissements financiers conférée à la Banque centrale mette des bâtons dans les roues aux banques implantées à la City.

Des lois européennes qui posent problème

« Les gens estiment que l’UE s’oriente dans une direction qu’ils n’ont jamais voulue. Ils vivent mal les interférences dans notre vie nationale, au travers de lois et règlements qu’ils considèrent superfétatoires. Et ils se demandent à quoi tout cela rime », a avancé David Cameron, lors de son discours.

Voici un sujet « concret » de discorde entre la le Royaume-Uni et l’UE : l’immigration. Le gouvernement britannique, on le sait, peine à remplir son objectif de diviser pas plus de deux l’immigration d’ici à 2015. On sait également qu’un quart de ses immigrants provient d’un pays de l’Union européenne, principalement de Roumanie et de Bulgarie. La ministre de l’Intérieur Theresa May remet en cause la loi européenne sur la libre-circulation et dit vouloir « étudier les abus en Europe », afin de comprendre les raisons de cette affluence. Elle reproche aussi à la Cour européenne des droits de l’homme d’en faire trop. Son objectif à elle : se battre pour « empêcher les droits de l’homme de se mettre en travers du contrôle de l’immigration ».

L’accord que David Cameron espère conclure avec Bruxelles sera basé sur l’idée d’un « marché unique ». Ne restera plus qu’à savoir quelle place les Britanniques veulent-ils avoir au sein de l’UE.

Vidéo du discours de David Cameron sur l’Europe, mercredi 23 janvier 2013 (en anglais)

Thomas Levy