Pourquoi les danseuses n’ont pas le tournis ?

Des chercheurs anglais viennent de résoudre l’un des mystères de la danse classique. À force de réaliser des pirouettes, les danseuses étoiles modifient la structure de leur cerveau : voilà pourquoi elles n’ont jamais le tournis.

0
9873
Le cerveau des danseuses classiques se transforme progressivement au fil des pirouettes. ©ThinkStock

Faire la toupie, ça donne la nausée, ça fait mal à la tête. En regardant les danseuses étoiles, ça paraît pourtant plutôt plaisant. Pourquoi les ballerines n’ont pas le tournis ? Des chercheurs de l’Imperial College de Londres ont résolu l’énigme. Dans une étude publiée le 26 septembre dans la revue Cerebral Cortex, ils expliquent que le cerveau des petits rats de l’opéra se transforme progressivement au fil des pirouettes.

Le cerveau des danseuses est conditionné pour réduire la sensation de vertige

Les scientifiques ont remarqué que la structure de l’encéphale des danseuses se modifiait petit à petit. À tel point que les signaux envoyés par les organes liés à l’équilibre sont ignorés. Chez une personne lambda, les fluides présents dans l’oreille interne continuent de bouger après une toupie, même si la tête est immobile. C’est de là que naît le tournis. Les ballerines, elles, « semblent pouvoir se conditionner de manière à ne pas avoir la tête qui tourne », explique dans un communiqué le Dr Barry Seemungal, à l’origine de ces travaux.

Un espoir pour les personnes souffrant de vertiges chroniques

Pour mener cette étude, l’équipe de l’Imperial College a observé 29 danseuses classiques et 20 femmes pratiquant l’aviron, d’âge et de forme physique similaires. Chacune d’entre elles a été placée dans le noir complet sur un fauteuil tournant et devait actionner une manivelle lorsqu’elle avait l’impression de tourner après l’arrêt du siège. La sensation de vertige s’est avérée moins longue chez les ballerines que chez les rameuses. De plus, un IRM a montré que la zone du cerveau recevant les signaux lancés depuis l’oreille interne était moins importante chez les danseuses.

> Lire aussi : YouTube, le guérisseur de vertiges

Cette découverte pourrait être utilisée à des fins médicales. « Si nous pouvons contrôler les mêmes zones du cerveau chez nos patients souffrant de vertiges chroniques, nous pourrons comprendre comment mieux les traiter », conclut le Dr Seemungal. Les recherches se poursuivent.

> Lire aussi : Écosse – pour mieux apprendre, les étudiants dansent en cours

Cécile David