Pourquoi les dentistes font-ils grève ?

Ce lundi 3 février, le syndicat CNSD appelle les dentistes à faire grève. Les praticiens s'opposent au gel de leurs tarifs par l'Assurance maladie.

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©ThinkStock

Ce lundi 3 février, les syndicats de dentistes appellent les praticiens à fermer leur cabinet pour protester contre le gel de leurs tarifs par l’Assurance maladie. Dimanche, la Confédération nationale des syndicats dentaires (CNSD) leur demandait déjà de ne pas assurer leurs gardes. Cependant, cette grève ne devrait pas vraiment pénaliser les patients. « La mobilisation [sera] très forte, beaucoup de dentistes sont prêts à faire grève, même s’il faut penser aux patients », a déclaré la présidente du syndicat Catherine Mojaïsky. Si les dentistes sont autorisés à faire grève, les préfets ont le pouvoir de les assigner pour assurer la continuité des soins.

« Beaucoup de gens ne savent pas que nous assurons des gardes, et se tournent vers les urgences des hôpitaux, souvent saturées. C’est aussi le but de notre action », affirme C. Mojaïsky. En effet, des gardes dentaires sont prévues dans « quasiment tous les départements » les dimanches et jours fériés mais « les gens ne savent pas quel numéro appeler ». Grâce à leur action, les dentistes espèrent que les gardes seront mieux rémunérées, à hauteur de 75 euros la demi-journée avec une majoration spécifique en cas d’intervention. Ce décret est « en cours de rédaction », a assuré jeudi dernier le directeur de l’Assurance maladie Frédéric van Roekeghem.

Comment savoir si votre dentiste est en grève ?

Thierry Soulié, secrétaire général de la CNSD, explique que certaines dentistes ont fait « grève dimanche, d’autres ferment leur cabinet ce lundi, tout en évitant de pénaliser leurs patients, surtout dans les zones sous dotées ». Un message sur la boite vocale des praticiens indiquera : « C’est pour vous permettre un meilleur remboursement que votre chirurgien-dentiste se bat ».

La CNSD « entend informer les patients sur la réalité trop souvent masquée de leurs remboursements, et rappeler l’Etat et l’Assurance maladie à leurs responsabilités ». D’après le syndicat, l’Assurance maladie « s’est complètement désengagée du domaine bucco-dentaire » qui « ne peut plus être abandonné ».

Maxime Quéma