Pourquoi les soldats français étaient-ils surnommés « les poilus » ?

Ce mardi 11 novembre, la France met à l'honneur les soldats de la Première Guerre mondiale. Des combattants surnommés à l'époque et encore aujourd'hui « les poilus ». Découvrez l'origine de ce terme devenu populaire.

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L'expression « les poilus » s'est popularisée seulement après la Première Guerre mondiale. Entre eux, les soldats s'appelaient plutôt « les hommes ». - crédit photo : Tudor Stanica ©ShutterStock

Aujourd’hui, mardi 11 novembre, nous célébrons comme chaque année l’armistice de 1918. Signée par les Alliés et l’Allemagne dans un wagon en pleine forêt de Compiègne (Oise), la convention marque la fin de la Grande Guerre. Ce moment historique est devenu un jour de mémoire où dirigeants et citoyens rendent hommage aux combattants. L’occasion de revenir sur l’origine du mot « poilu ». Pourquoi surnommait-on les soldats français ainsi ? Plusieurs versions s’opposent.

Le poilu, « c’est l’homme qui a du poil au bon endroit, pas dans la main ! »

Autrefois, les poils étaient considérés comme un symbole de force. Issu de l’argot français, le mot « poilu » désigne une personne virile et courageuse. Selon l’Historial de la Grande Guerre de Péronne (Somme), il s’agirait d’une expression militaire apparue au XIXe siècle, soit de nombreuses années avant le début de la guerre 14-18. Dans les casernes, un poilu était alors un homme d’attaque vaillant.

Sous Napoléon 1er, le grognard d’Austerlitz (soldat de la Vieille Garde de Bonaparte) était déjà appelé ainsi (1805), indique le linguiste Albert Dauzat dans L’Argot de la guerre, d’après une enquête auprès des officiers et soldats : « Ce n’est pas l’homme à la barbe inculte, qui n’a pas le temps de se raser, ce serait trop pittoresque, c’est beaucoup mieux : c’est l’homme qui a du poil au bon endroit, pas dans la main ! » (1918, éditions Armand Colin).

Poilus : de Molière aux soldats français

L’origine du « poilu » remonterait en réalité bien au-delà du XIXe. Le qualificatif serait né de la formule « brave à trois poils », utilisée par Molière dans Les Précieuses ridicules (1659) pour qualifier Jodelet, un vicomte avec du poil sur le ventre. Mais le terme s’est popularisé seulement après la Première Guerre mondiale. Entre eux, les combattants s’appelaient plutôt « les hommes ».

Une autre théorie laisse entendre que le surnom fait référence au fait que les soldats laissaient pousser leur barbe et leurs cheveux car ils n’avaient pas les moyens de se les couper. Cette hypothèse ne serait valable que pour le début de la guerre car, par la suite, les combattants utilisaient des masques à gaz et étaient alors obligés de se raser.

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Cécile David