Pourquoi n’a-t-on pas de souvenirs avant 4 ans ?

Pourquoi ne nous souvenons-nous pas de nos premières années ? Les nourrissons n’ont-ils pas de mémoire ? Selon des chercheurs canadiens, c’est en fait la création trop importante de neurones à cette période-là qui nous empêche de garder nos souvenirs.

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Chez les jeunes enfants, la neurogenèse est particulièrement active, empêchant au cerveau de conserver les souvenirs. ©ThinkStock

Ce qu’on appelle l’amnésie infantile est encore aujourd’hui un mystère pour les scientifiques. Les enfants sont dotés d’une mémoire, alors pourquoi ne pouvons-nous nous rappeler des événements antérieurs à nos 4 ans ? Deux docteurs canadiens pensent avoir trouvé la réponse. Ils ont constaté que le processus de génération de nouveaux neurones influence le stockage de la mémoire.

Formation des souvenirs : la neurogenèse trop forte chez les enfants

Paul Frankland et Sheena Josselyn de l’Hôpital pour enfants malades de Toronto et de l’Université de Toronto ont présenté leur étude ce week-end à l’Association canadienne de neuroscience (ACN). Ils y expliquent comment la création de nouveaux neurones augmente la capacité d’apprendre et nettoie l’esprit des vieux souvenirs par la même occasion.

Les enfants sont particulièrement touchés puisque la neurogenèse atteint son apogée avant et après la naissance, avant de diminuer durant l’enfance et à l’âge adulte. Il s’agit de la formation de nouveaux neurones dans l’hippocampe, région du cerveau réputée importante pour le souvenir et l’apprentissage.

Une expérience concluante sur les rats

Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ont réalisé une expérience sur de jeunes rats et sur de vieux rats. Ils ont augmenté la neurogenèse des plus âgés après la formation d’un souvenir, ce qui leur a fait perdre la mémoire. Pour les plus jeunes, ils ont au contraire diminué la neurogenèse après la formation du souvenir. Ces derniers n’ont rien oublié, ce qui est normalement courant à cet âge. Il y a donc un lien direct entre la formation des souvenirs et l’augmentation des neurones.

Auparavant, des études avaient démontré que les enfants étaient capables de se rappeler d’événements à court terme, mais que le souvenir ne perdurait pas. Le Dr Bettina Foster de la City University de Londres confie à la BBC que cette étude pourrait bien ébranler un grand nombre de théories sur la psychologie infantile.

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Charlotte Loisy