Présidentielle : les grands duels de l’entre-deux tours

Les débats de l'entre-deux tours permettent surtout aux candidats à la Présidentielle de se faire remarquer par des formules "choc". Retour sur les confrontations marquantes de ces quarante dernières années.

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Présidentielle : les grands duels de l'entre-deux tours ©DR

Bien qu’il ne soit pas obligatoire, le débat de l’entre-deux tours de l’élection présidentielle est une tradition à laquelle les finalistes peuvent difficilement échapper. La première rencontre médiatique de ce genre en France a eu lieu en 1974 entre Valéry Giscard d’Estaing et François Mitterrand. Une confrontation marquée par la célèbre phrase du ministre des Finances : « Vous n’avez pas, Monsieur Mitterrand, le monopole du cœur. » Le journaliste et réalisateur Serge Moati confirme que le candidat de l’Union de la gauche s’était lui-même considéré comme « catastrophique » lors de ce débat.

François Mitterrand a pu prendre sa revanche sur Valéry Giscard d’Estaing sept en plus tard, en 1981, lors de l’élection présidentielle qui les opposa à nouveau au second tour. « En France, c’est la gauche qui nationalise lorsque c’est nécessaire pour défendre les petites et moyennes entreprises contre la toute puissance des groupes nationaux ou internationaux, mais c’est la droite qui étatise », avait exprimé l’homme de gauche, qui devint quelques jours plus tard président de la République.

En 1988, les Français ont assisté au débat de l’entre-deux tours « le plus teigneux, le plus dramatisé, le plus personnalisé », dixit le journaliste Alain Duhamel, entre le président sortant François Mitterrand et son Premier ministre Jacques Chirac. Ce dernier avait lancé : « Ce soir, je ne suis pas le Premier ministre et vous n’êtes pas le président de la République. Nous sommes deux candidats, à égalité, et qui se soumettent au jugement des Français, le seul qui compte. Vous me permettrez donc de vous appeler Monsieur Mitterrand. » « Mais vous avez tout à fait raison, Monsieur le Premier ministre », avait subtilement rétorqué l’intéressé.

Lors du second tour de 1995, qui opposa Jacques Chirac à Lionel Jospin, le candidat socialiste, amusé, avait adressé à son adversaire : « Il vaut mieux cinq ans avec Jospin que sept ans avec Chirac ». Pourtant, les Français ont choisi le septennat chiraquien quelques jours plus tard.

En 2002, fait exceptionnel : le débat de l’entre-deux tour ne s’est jamais tenu, Jacques Chirac ayant refusé de parlementer avec son rival d’extrême-droite, Jean-Marie Le Pen.

En 2007, la candidate socialiste Ségolène Royal n’avait pu étouffer sa colère face à Nicolas Sarkozy, qui lui avait gentiment rappelé qu’il fallait « être calme pour pouvoir être président ». Nous connaissons la fin de l’histoire.

Thomas Levy