Prix des pommes : où va l’argent ?

Comment se décompose le prix du kilo de pommes ? Nous en mangeons chaque année 18 kilos par ménage et plus de 22 kilos chez les plus de 50 ans. Après l’embargo russe sur les produits européens, gageons qu’une baisse des prix est inévitable.

0
1655
Le prix de la vente au détail d’un kilo de Golden tourne autour de 2,45 euros depuis un an. ©ShutterStock

La pomme est indétrônable. Il faut dire que le pommier s’adapte presque partout et que son fruit se conserve très bien : récoltées à l’automne, certaines variétés tiennent au frais pendant presque un an. Derrière l’Italie et la Pologne, la France fait partie des principaux pays producteurs d’Europe, avec 1,5 million de tonnes. Environ 43 % de cette production a fini sur les étals français (38 % étaient destinés à l’exportation, le reste à la transformation). Sur les trois à quatre mille variétés cultivées dans le pays, seulement une douzaine est commercialisée à grande échelle. Et c’est la Golden Delicious, avec sa peau jaune pâle et sa chair douce (certains diront fade) ainsi que sa grande résistance aux intempéries et aux nuisibles, qui s’est imposée dans nos corbeilles de fruits : nous croquons près d’une fois sur deux dans une Golden.

Comme pour tous les fruits et légumes, les prix varient d’une semaine à l’autre, en fonction de la saison, du climat et de la région… Mais aussi de la concurrence et de la politique du magasin, qui peut baisser arbitrairement les prix de certains articles pour séduire le client (« les produits d’appel »). En observant l’indice des prix à la consommation (IPC) – qui couvre l’ensemble des biens et services marchands consommés sur le territoire français par les habitants et les touristes –, on peut cependant établir que le prix de la vente au détail d’un kilo de Golden tourne autour de 2,45 euros depuis un an.

Vers une baisse des prix des pommes

Selon les observations de l’Association nationale pommes poires (ANPP), qui regroupe des organisations de producteurs, reconnue AOP par les pouvoirs publics depuis 2009, la cueillette qui a commencé fin juillet s’annonce prometteuse, grâce aux « conditions climatiques du printemps et de l’été qui ont été propices au développement des fruits, de la qualité gustative et de la coloration des pommes ». Cette bonne nouvelle veutelle dire que les prix vont augmenter ? Pas sûr… Car si la Russie maintient son embargo sur certains produits européens (embargo qui a été décrété cet été en réponse aux sanctions économiques qui lui ont été imposées depuis le conflit en Ukraine), le marché français risque de se retrouver saturé, les pommes françaises représentant 54 % de l’ensemble des fruits et légumes exportés vers la Russie ! Conséquence possible : un effondrement du cours… Une bonne nouvelle pour le consommateur. Une très mauvaise pour les producteurs, déjà en difficulté.

Voici où passe votre argent quand vous achetez des pommes

En calculant la moyenne des montants annoncés par la distribution et ceux des producteurs, le prix de vente se décompose ainsi :

  • Prix payé à l’agriculteur, qui inclut le salaire, l’entretien des vergers, les charges et la cueillette : 0,78 € (32 %).
  • Expédition (tri, calibrage, conditionnement en plateau ou autre) : 0,61 € (25 %).
  • Frais généraux (ressources humaines, électricité, publicité, loyer…) : 0,27 € (11 %).
  • Coûts logistiques (envoi du camion, chargement, acheminement) : 0,18 €. Frais de personnel et charges : 0,18 € (7,5 %).
  • Casse ou perte : 0,2 € (8 %).
  • Marge nette distributeur : 0,09 € (3,5 %).
  • TVA : 0,14 € (5,5 %).
Julie Pêcheur