Procès PIP : J-C. Mas estime qu’il n’a « pas fait prendre de risques » à ses patientes

Entendu devant le tribunal correctionnel de Marseille à l’occasion du procès PIP, Jean-Claude Mas affirme qu’il n’a « pas fait prendre de risques » aux femmes ayant reçu des prothèses mammaires non conformes à la réglementation.

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« Au niveau cohésivité, je suis certain, j'affirme [que le gel PIP] était supérieur au Nusil (le gel conforme) », a déclaré Jean-Claude Mas à la barre. Crédit photo : P. Magnien 20 Minutes (2009) ©Sipa

Voilà deux jours que le procès est ouvert mais c’est aujourd’hui, vendredi 19 avril, que les choses sérieuses ont commencé. Jean-Claude Mas, fondateur de la société PIP à l’origine du scandale des prothèses défectueuses, est venu se défendre à la barre du tribunal correctionnel de Marseille. Et a nié. Selon lui, il n’aurait « pas fait prendre de risques » à ses patientes implantées.

Procès PIP : Jean-Claude Mas assure que son gel était meilleur que le Nusil

« Le gel PIP n’était pas homologué mais il était homologable », déclare Jean-Claude Mas. Il insiste : « Au niveau cohésivité, je suis certain, j’affirme qu’il était supérieur au Nusil (le gel conforme) ». Et quand la présidente du tribunal lui demande s’il était compétent pour évaluer la qualité d’un produit non certifié, il répond « oui ». Et s’explique en assurant avoir appliqué la formule du Pr Arion, un chirurgien plastique du Var, avait qui il a travaillé dans les années 80.

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Selon les résultats de l’enquête, le fait d’utiliser un gel non conforme au lieu du Nusil aurait fait gagner un million d’euros annuel à l’entreprise. Jean-Claude Mas assure pourtant qu’il n’a pas obtenu le statut de formulateur par manque de moyens.

Procès PIP : qu’ont déclaré les autres accusés ?

Claude Couty, ancien directeur général de la société, l’admet : il a « permis la vente de lots non homologués ». Il affirme, néanmoins, n’avoir « jamais eu conscience du danger ».

De son côté, Hannelore Font, ex directrice de la qualité, présente ses excuses, en larmes. « Je suis désolée, je tiens à m’excuser de n’avoir pas été à la hauteur, et je m’excuse auprès des patientes qui ont eu à souffrir de ça ». Elle assure qu’elle pensait, dès 2004, « que les choses pouvaient changer ».

Rappel : Jean-Claude Mas et quatre anciens cadres de PIP sont accusés de « tromperie aggravée » et d’« escroquerie ». Un quart des implants PIP retirés depuis le début de l’affaire étaient défectueux, rapportent les autorités sanitaires. Au total, plus de 300 000 femmes porteraient des prothèses PIP.

> Le procès devrait se poursuivre jusqu’au 17 mai. Les accusés encourent une peine maximale de cinq ans de détention.

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Cécile David