Propecia : le médicament anti-calvitie rendrait… impuissant !

Plusieurs patients utilisant le Propecia, un médicament anti-calvitie, se plaignent d'impuissance après l'arrêt du traitement. L'Afssaps relativise et parle de troubles "réversibles".

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Propecia, laboratoire Merck ©Sipa

La notice est formelle : « troubles de l’érection, diminution de la libido, diminution du volume de l’éjaculation » sont des effets secondaires possibles du Propecia et de ses génériques, des médicaments largement prescrits en France contre la calvitie. Seulement voilà, selon une enquête du journal Le Parisien – Aujourd’hui en France, de nombreux hommes se plaignent d’impuissance totale, même des mois après l’arrêt du traitement. L’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) se veut rassurante : ces troubles sont « parfaitement connus » et, surtout, « réversibles ». Et contrairement à ce qu’affirme le quotidien, le Propecia du laboratoire Merck ne fait pas partie des médicaments placés « sous surveillance renforcée » par l’Afssaps.

Des plaintes déposées aux Etats-Unis

En 2010, près de 32 000 Français se sont fait prescrire le médicament incriminé. Aux Etats-Unis, les hommes qui se disent « victimes « du Propecia se sont réunis sur un forum Internet, Propeciahelp, pour échanger sur leurs troubles respectifs. Selon eux, leur impuissance serait due au finastéride, le principe actif du traitement ayant pour effet de bloquer l’action de la testostérone. En effet, « le finastéride peut modifier en profondeur la chimie hormonale du cerveau », explique à nos confrères Michael Irwig, de l’université George-Washington, auteur d’une étude pour le très sérieux « Journal of Sexual Medicine ». Une centaine d’entre eux ont choisi de porter plainte.

Du côté du corps médical français, les avis sont partagés. Certains médecins indiquent dès aujourd’hui à leurs patients d’arrêter le traitement. Pour l’Afssaps, qui relativise largement les conséquences sur la libido, c’est à chaque patient d’évaluer le rapport bénéfice/risque du médicament

Julie Toury