Prothèses mammaires : Jean-Claude Mas libéré sous contrôle judiciaire

Le verdict est tombé ce lundi. Huit mois après son incarcération, le fondateur de la société de prothèses mammaire PIP, Jean-Claude Mas, retrouvera la liberté sous contrôle judiciaire. Cette annonce révolte les patientes victimes d’une rupture d’implants.

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Jean-Claude Mas devrait être prochainement libéré, sous contrôle judiciaire. ©Sipa

Jean-Claude Mas devrait être prochainement libéré, sous contrôle judiciaire. Le fondateur de la société PIP avait été incarcéré il y a huit mois pour blessures involontaires. À l’origine de ce procès, des prothèses défaillantes, conçues à base de silicone destiné à usage industriel (et non médical). Plusieurs patientes ayant eu recours aux produits PIP ont été victimes d’une rupture de leurs implants.

Une libération sous contrôle

« Théoriquement, [le juge] ne devrait pas faire autre chose que le mettre dehors, en le plaçant sous contrôle judiciaire, avec obligation de pointer une ou plusieurs fois par semaine au commissariat », a précisé à l’AFP Me Haddad, qui ignorait encore les détails de cette décision.

Jean-Claude Mas est actuellement détenu à la prison de Pontet (Vaucluse). Sa détention provisoire prend fin le 4 novembre prochain. Initialement, il devait être libéré en juillet. Il avait finalement été replacé en détention provisoire pour 4 mois, dans le cadre de l’instruction de nature financière. Une « cruauté judiciaire », estimait à l’époque son avocat, Me Yves Haddad. La justice craignait une fuite à l’étranger de l’accusé.

« Ce risque existe encore, mais j’ai quand même confiance en notre système judiciaire », confie Me Philippe Courtois, avocat au barreau de Bordeaux et conseil de l’association des femmes porteuses de prothèses PIP (PPP).

La déception des victimes

Parmi les victimes du scandale PIP, Joëlle Manighetti. Interrogée par Europe 1, elle exprime sa déception. « J’estime que par respect pour toutes les familles, il devrait rester incarcéré, ne serait-ce que pour montrer que l’on a une considération vis-à-vis de toutes ces femmes qui souffrent ». « Nous sommes toutes dans des prisons maintenant, ajoute-t-elle, on ne sait toujours pas à quoi s’attendre puisque ce qui nous a été implanté dans le corps n’a jamais été implanté dans des corps humains ».

L’attente du procès « pour tromperie aggravée »

Selon Me Courtois, ces clients victimes des prothèses PIP attendent désormais avec impatience le procès « pour tromperie aggravée », prévu du 17 avril au 14 mai 2013 à Marseille. « Un premier pas vers la reconnaissance [de leur souffrance] », explique-t-il.

4 380 plaignants français, 220 plaignants étrangers et 180 avocats seront réunis à l’occasion de ce procès tant attendu. Comparaîtront à l’audience : Jean-Claude Mas (fondateur de la société PIP), Claude Couty (ex-président du directoire), Hannelore Font (ex-directrice de la qualité), Loïc Gossart (ex-directeur technique) et Thierry Brinon (ex-directeur produits).

Cécile David