Prothèses mammaires : mieux informer les patientes

Un rapport de l'Agence nationale de sécurité du médicament invite les chirurgiens à divulguer davantage d'informations aux patientes souhaitant se faire implanter des prothèses mammaires, notamment sur la durée de vie du produit.

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l'ANSM est en train de concevoir un document écrit, que le chirurgien devra remettre à la patiente. ©ThinkStock

En France, environ 340 000 femmes portent ou ont porté des prothèses mammaires en silicone. Un rapport de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) recommande aux professionnels du secteur de mieux informer les patientes. Elles doivent notamment savoir que les implants ont besoin d’être changés, en moyenne, sept à dix ans après leur pose, « et non pas au-delà de dix ans comme c’était envisagé auparavant », insiste Brigitte Heuls, directrice des dispositifs médicaux thérapeutiques à l’ANSM.

Prothèses mammaires : le chirurgien devra remettre un document aux patientes

Madame Heuls souhaite que les femmes soient « clairement informées par leur chirurgiens de la durée de vie limitée des implants ». Elles doivent savoir qu’« ils ne sont ne sont pas éternels, avant de se lancer dans une série de ré-interventions car il faudra les changer » et être au courant qu’« en cas d’incident avec la prothèse et de reprise chirurgicale, le résultat esthétique risque d’être moins bon ». Autre recommandation formulée par l’ANSM : « [Les patientes] doivent être averties du risque anesthésique et savoir qu’elles devront être régulièrement suivies sur le plan médical pour s’assurer de l’intégrité de la prothèse ». Pour s’assurer que les femmes souhaitant porter un implant mammaire reçoivent ces informations avant l’intervention, l’ANSM est en train de concevoir un document écrit, que les chirurgiens devront remettre à leurs patientes.

Prothèses mammaires : l’ANSM n’a pas relevé de fraudes

Il existe actuellement en France huit entreprises qui commercialisent des prothèses mammaires à base de gel de silicone. Ces implants sont surveillés de près par l’ANSM. Le rapport recense les incidents et fait part des résultats des inspections chez les fabricants ainsi que des analyses d’échantillons prélevés. Aucune fraude n’a été enregistrée. Notons qu’il n’est pas question, ici, des prothèses défectueuses PIP. « Les fabricants ne mettent pas de gels frelatés dans leur implants », rassure Brigitte Heuls. Elle précise que « quelques erreurs » et « des problèmes de conformité chez quelques fabricants » ont été relevés mais qu’ils n’engendrent aucun risque pour la santé des patients. Cependant, par mesure de précaution, la société Cereplas a dû retirer temporairement du marché ses implants. L’entreprise n’aurait pas respecté certains processus de fabrication et de stérilisation.

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Damien Rigat