Prothèses PIP : l’agence du médicament accusée dans un document

Selon un rapport révélé par Mediapart, l'Agence nationale de sécurité du médicament aurait pu réagir plus tôt sur les problèmes liés aux prothèses PIP.

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Une telle réaction aurait permis d'éviter d'implanter entre 6 446 et 10 466 femmes ©Sipa

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) aurait pu suspendre la vente en France des prothèses mammaires contenant du gel de silicone non conforme dès 2007 ou 2008. C’est en tout cas ce que semble indiquer un rapport interne de l’ANSM (Afssaps à l’époque), que s’est procuré le site d’informations Mediapart.

L’agence se défend

Ce rapport, qui n’a jamais été publié est extrêmement sévère sur la gestion de l’affaire des prothèses défectueuses PIP. « Il fait apparaître que l’Afssaps a réagi avec au moins deux ans de retard aux signaux d’alerte qu’elle a reçus, alors qu’elle aurait pu éviter des milliers d’implantations de prothèses PIP dans cet intervalle de temps », écrit le site d’informations.

Le professeur Dominique Maraninchi, patron de l’Agence du médicament, dément toute dissimulation. Selon lui, « le document évoqué a été écrit par un salarié deux mois après la remise du rapport officiel rendu public » le 1er février 2012.

Un tiers des implantations évitées

En France, ce sont 30 000 femmes qui sont concernées par l’affaire des prothèses PIP. Plus de 7 400 ont porté plainte ce qui a donné lieu au procès de Jean-Claude Mas, principal accusé. Ce dernier attend son jugement prévu pour le 10 décembre 2013. Qutre ans de prison ferme et une amende de 10 000 euros pour « escroquerie » et « tromperie aggravée » ont été requis contre lui.

Selon le document « l’Afssaps aurait dû réagir dès 2007 et au plus tard en 2008, même en tenant compte d’un délai de latence ». Une telle réaction aurait alors permis d’éviter d’implanter « entre 6 446 et 10 466 femmes, soit un tiers des porteuses de prothèses PIP ».

Ces éléments accusateurs ne figurent pas dans le rapport officiel remis par l’agence, en février 2012, au ministre de la Santé de l’époque, Xavier Bertrand. Ils intéressent néanmoins la justice.

Laurie Ferrère