Prothèses PIP : qui va payer la facture ?

Alors que le gouvernement annonce par le biais du ministre de la Santé recommander le retrait des prothèses mammaires PIP, une question reste en suspend : qui devra payer la pose de nouvelles prothèses plus sûres en remplacement ?

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Prothèses PIP : le gouvernement recommande le retrait ©Sipa

C’est désormais officiel. Par la voix du ministre de la santé Xavier Bertrand, le gouvernement recommande que le retrait des prothèses mammaires PIP puisse être proposé aux 30 000 femmes concernées (qu’il faut encore retrouver et localiser afin de les prévenir). Le ministre précise qu’il s’agit là d’un principe de précaution et qu’il n’y a là aucun caractère d’urgence. Inutile donc pour les personnes concernées de céder à la panique.

Curieusement, ou presque paradoxalement, l’avis rendu par l’Institut national du Cancer auquel le gouvernement avait demandé un rapport précise qu’il « n’y a pas à ce jour de risque accru de cancer chez les femmes porteuses de prothèses de marque PIP en comparaison aux autres prothèses« . En d’autres termes, la nocivité de ses prothèses n’est pas avérée. En Angleterre 250 femmes concernées par la pose de prothèses PIP ont porté plainte alors que parallèlement, les autorités sanitaires du pays précisent qu’aucun lien formel entre l’apparition de ces cancers et ces prothèses n’est aujourd’hui avéré.

Alors que le gouvernement devrait probablement prendre en charge le coût des opérations d' »explantation » d’autres questions administratives et financières restent en suspend : quid de la reconstruction et de la prise en charge ? La question est à l’étude. Selon Jean-Yves Grall directeur général de la santé cité par Libération «Les femmes qui relèvent d’une reconstruction après chirurgie du cancer du sein seront également remboursées de la pose d’une nouvelle prothèse.» Autant dire que si la pose de ces prothèses était avant tout esthétique (ce qui concerne la majorité des femmes concernées) il est fort probable que la pose de nouvelles prothèses soit alors à la charge de la patiente… soit un coût de 500 à 1000 euros en moyenne.

JFM