Prothèses PIP : une information judiciaire pour banqueroute

Jean Claude Mas fait l’objet d’une information judiciaire à l’initiative du parquet de Marseille. Mais cette fois c’est le volet financier de l'affaire qui est visé.

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Des prothèses mamaires ©Sipa

Ce vendredi est marqué par un nouveau rebondissement dans l’affaire des prothèses mammaires en gel frauduleux PIP. En effet, le parquet de Marseille vient de confier une information judiciaire pour abus de biens sociaux (ABS), recel d’abus de biens sociaux et banqueroute à la juge Annaïck Le Goff et au juge financier Pierre Philippon. Jean-Claude Mas, le PDG de la société fabricante des prothèses défectueuses, n’est pas le seul mis en cause dans cette procédure puisque la plainte vise également sa compagne Dominique Lucciardi et leur fils Nicolas Lucciardi

Jean-Claude Mas, avait été interpellé le 26 janvier dans sa villa du Var. La juge d’instruction Le Goff vient de le mettre en examen dans le cadre de cette nouvelle procédure. Actuellement Jean-Claude Mas est détenu à la prison de La Farlède (Var) le temps de l’information.

L’information judiciaire qui a été ouverte par le parquet de Marseille porte sur le volet financier du scandale des prothèses mammaires, commercialisées par la société Poly Implant Prothèse (PIP).

Jean Claude Mas cumule les poursuites

Tout d’abord Jean Claude Mas s’est vu reprocher d’utiliser un « gel maison » non homologué. Ce gel aurait ainsi permis à la société PIP d’économiser environ un million d’euros par an. Or Jean Claude Mas s’est évidement bien gardé d’informer l’organisme certificateur allemand Tüv Rheinland de ces économies. C’est avec le scandale sanitaire, révélé par les autorités françaises en 2010, que la supercherie a été dévoilée au grand jour.

«C’est une bonne chose mais on se demande pourquoi le parquet ne s’est pas saisi seul et plus tôt de ce volet de l’affaire. Sans ma plainte, ce volet serait aujourd’hui prescrit alors que l’affaire a éclaté en mars 2010», commente Me Christine Ravaz, avocate de victimes des prothèses défectueuses.

Les victimes de PIP ne pourront pas se constituer partie civile

Cependant, il reste un bémol à cette procédure. «Dans les infractions d’ABS ou de banqueroute, seul le mandataire judiciaire et les associés de l’entreprise peuvent se constituer partie civile. Les victimes porteuses de prothèses ne pourront donc pas se constituer dans cet aspect du dossier, ni n’y auront accès et, de ce fait, ne pourront d’aucune manière peser sur cette enquête», déplore Me Laurent Gaudon, avocat d’environ 150 victimes.

Me Christine Ravaz s’apprêterait à demander à la nouvelle ministre de la Justice, Christiane Taubira, une mission d’enquête sur l’affaire PIP.

Maëla Priolet