Punition : 84 % des parents le font !

Alors qu’une fessée avait suffi à relancer le débat sur la législation des châtiments corporels en France, une nouvelle étude publiée ce mardi 21 octobre montre que 84 % des parents ont recours à des punitions, et 40 % n’hésitent pas à donner une claque ou une fessée.

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Les parents d’aujourd’hui sont-ils moins sévères ? A cette question, l’étude menée par l’observatoire Approuvé par les familles, publiée ce mardi 21 octobre dans Le Parisien, répond que non !

Entre punition utiles et punitions réparatrices

Selon cette enquête, 84 % des parents punissent (toujours) leurs enfants, quand 40 % n’hésitent pas à user d’une fessée « de temps en temps ». Selon le pédopsychiatre Gilles-Marie Valet, « la punition, comme la récompense, peut aider l’enfant à faire les bons choix ». Et comme l’époque change, les punitions changent. Si avant un enfant était privé de bonbons, aujourd’hui la punition suprême reste « privé d’écrans ». Plus de télévision, de jeux vidéo, de smartphones ou encore d’internet. Comme l’explique Isabelle Mazarguil, créatrice du label Approuvé par les familles, priver les enfants « de ce qui les rend passif ou de ce qui est addictif » est une punition utile.

A côté de cela, il ne faut pas oublier que la relégation s’avère, elle, toujours aussi efficace, comme l’éternelle injonction « Va réfléchir dans ta chambre », qui fonctionne avec les plus petits comme avec les adolescents. Car la punition se fait à tout âge, dès lors que l’enfant comprend ce qu’on lui dit, et tant qu’il vit à la maison. Mais d’autres punitions, comme les corvées, disparaissent au grand dam des pédopsychiatres qui rappellent « qu’elles [les corvées] peuvent avoir une vertu réparatrice ».

Les châtiments corporels ne sont pas une punition

Pour autant, il faut rappeler que la punition ne doit jamais être une claque ou une fessée. « Il faut bannir les châtiments corporels et les propos humiliants [qui installent] chez l’enfant un manque d’assurance ». Pis, selon une étude menée en 2012 et publiée dans la revue Pediatrics, « les adultes ayant subi des punitions physiques ont entre 2 % et 7 % de risques supplémentaires de présenter des pathologies mentales ».

Si en France il n’y a toujours pas de législation à propos des châtiments corporels, trente-deux pays dans le monde ont déjà légiféré contre.

* Cette étude a été réalisée auprès de 500 familles par l’Observatoire du label Approuvé par les Familles à l’occasion du salon Kidexpo

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Laurie Ferrère