Quel risque de voir Ebola arriver en France ?

Selon des chercheurs américains, le virus Ebola aurait 75 % de chance de débarquer en France avant la fin du mois. Un chiffre à relativiser, le trafic aérien avec les pays d'Afrique les plus touchés étant largement réduit.

0
1456
En prenant en compte le trafic aérien actuel, la France est en situation de risque réduit, avoisinant les 20 %. ©ShutterStock

Ebola débarque à petits pas en Europe. Pour la première fois, une personne a contracté le virus sans avoir voyagé en Afrique : une aide-soignante espagnole, de Madrid, appartenant à l’équipe médicale qui soignait deux missionnaires malades rapatriés en août et septembre, depuis décédés. Cette femme âgée de 44 ans, mariée, sans enfants, est hospitalisée depuis ce week-end. Ce nouveau cas ravive la psychose côté français : Ebola arrivera-t-il aussi bientôt dans l’Hexagone ? La réponse de scientifiques américains à cette question a de quoi inquiéter. Non seulement, le virus a de fortes chances d’atteindre la France avant la fin du mois, mais notre pays serait, en plus, le plus exposé d’Europe.

Ces chercheurs de la Northeastern University de Boston ont établi à 75 % le risque de voir Ebola débarquer en France avant le 24 octobre. Notre pays se retrouverait ainsi en première ligne, devant la Grande-Bretagne (50 %), la Belgique (40 %), l’Espagne et la Suisse (14 %). Pour parvenir à ces probabilités, ils ont pris en compte les données connues sur la propagation du virus et l’hypothèse d’un trafic aérien normal.

Pourquoi la France est le pays le plus exposé d’Europe

Depuis longtemps, la France entretient des liens culturels et commerciaux forts avec l’Afrique de l’Ouest. De fait, le nombre de vols à destination ou en provenance des pays les plus touchés par Ebola (Libera, Sierra Leone et Guinée en tête) est particulièrement élevé, et le risque d’embarquer le virus à bord d’un avion, également.

Pourquoi il ne faut pas s’inquiéter

La réalité se veut moins effrayante que les chiffres annoncés par les chercheurs. Cette probabilité de « 75 % » ne s’appliquerait qu’en cas de trafic aérien « normal ». Or, lorsque l’état d’épidémie a été déclaré dans les pays africains, les compagnies aériennes ont réduit leur nombre de vols, se limitant aux liaisons nécessaires. En prenant en compte le trafic actuel, la France est en situation de risque réduit, avoisinant les 20 %.

Quand bien même le virus Ebola entrerait en France, comme ce fut le cas la semaine dernière avec la jeune infirmière de Médecins sans frontières, aujourd’hui guérie, celui-ci serait rapidement maîtrisé. Au mois de juillet, la ministre de la Santé Marisol Touraine assurait que notre pays avait les moyens « de faire face ». Neuf établissements médicaux français sont aujourd’hui aptes à accueillir et prendre en charge des patients atteints d’Ebola, dans des conditions hautement sécuritaires afin de limiter la propagation du virus.

Lire aussi : Ebola : 5 recommandations à destination des voyageurs

Julie Toury