Quels vaccins avant de partir à l’étranger ?

En vacances, on oublie tout, mais on n’est pas insouciant pour autant. Il est ainsi parfois indispensable de se prémunir contre certaines maladies. Et pour cela, mieux vaut penser aux vaccins avant de partir…

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2021
Pour se rendre dans certains pays, des vaccins sont obligatoires ou largement recommandés. ©ThinkStock

NOTRE EXPERT – Dr Catherine Goujon, du Centre médical de l’Institut Pasteur.

Vaccin contre la fièvre jaune

Elle s’attrape par les piqûres de moustiques de type Aedes ou Haemagogus, provoque des hémorragies et, comme son nom l’indique, une coloration jaune de la peau. Les premiers symptômes apparaissent après trois à six jours d’incubation : fièvre, douleurs musculaires et dorsales, maux de tête et, dans certains cas, vomissements de sang noir. Il n’existe pas de traitement spécifique de cette maladie, mortelle dans 30 à 40 % des cas, seulement un traitement symptomatique.

Calendrier : en cas de primo-vaccination, le vaccin doit se faire dix jours minimum avant le départ et est valable dix ans. L’injection de rappel, à condition qu’elle soit faite dans les dix ans, peut se faire le jour du départ.

Destinations à risques : les zones tropicales d’Afrique et d’Amérique latine, soit des pays tels que le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Burundi, une partie de la Bolivie, du Brésil, de la Colombie, de l’Équateur, du Pérou…

Vaccin contre l’encéphalite japonaise

Transmise par les moustiques du genre Culex, très nombreux aux abords des rizières, l’encéphalite japonaise est rare chez les voyageurs, raison pour laquelle le vaccin ne leur est pas systématiquement recommandé. L’infection peut passer inaperçue mais dans un cas sur 200, elle se traduit par des lésions des centres nerveux qui peuvent entraîner la mort ou laisser de lourdes séquelles neuropsychiatriques (convulsions, surdité, coma, etc.). Les premiers symptômes apparaissent après cinq à quinze jours d’incubation (frissons, fièvre, maux de tête, raideur de la nuque).

Calendrier : deux injections à vingt-huit jours d’intervalle et rappel entre douze et vingt-quatre mois après la première injection.

Destinations à risques : l’Asie du Sud et de l’Est, le sous continent indien et la Chine, mais aussi la Thaïlande, le Vietnam, l’Indonésie, les Philippines, le Bangladesh, l’Inde, le Japon, etc.

Vaccin contre la typhoïde

La fièvre typhoïde est due à une bactérie, la Salmonella typhi, transmise par voie digestive et due à la consommation d’eau et d’aliments contaminés par des matières fécales. La plupart du temps, une diarrhée apparaît quarante-huit heures après la contamination, accompagnée d’une fièvre élevée (40 °C), de fatigue, d’insomnies, de troubles de la conscience. L’évolution peut se compliquer d’hémorragies digestives ou de perforations intestinales. Des antibiotiques existent pour soigner cette maladie, mais les formes résistantes aux antibiotiques sont de plus en plus fréquentes.

Calendrier : une injection quinze jours avant le départ qui fait effet pendant trois ans.

Destinations à risques : tous les pays en voie de développement en général sont concernés.

Vaccin contre la méningite à méningocoques

Provoquée par la bactérie Neisseria meningitidis ou méningocoque, elle touche les enveloppes du système nerveux central. Elle se traduit par de la fièvre, de violents maux de tête et une raideur de la nuque. Maladie grave, elle peut entraîner la mort en quelques heures chez un sujet sur deux si elle n’est pas traitée. La période d’incubation moyenne est de quatre jours, mais peut être comprise entre deux et dix jours.

Calendrier : une injection dix jours avant le départ, effective pendant trois ans.

Destinations à risques : les zones les plus à risques s’étendent du Sénégal à l’ouest jusqu’à l’Éthiopie à l’est.

Vaccin contre l’encéphalite à tiques

Le virus se transmet la plupart du temps par morsures de tiques. La maladie affecte les centres nerveux (cerveau, moelle épinière) et les membranes qui les enveloppent (méninges). Après dix jours d’incubation, peuvent apparaître les symptômes d’un simple état grippal, qui régressent spontanément. Plus rarement, la maladie évolue vers une encéphalite et/ou une myélite aiguë (maux de tête, vomissements, troubles de la conscience, paralysies…).

Calendrier : deux injections à un mois d’intervalle, la troisième cinq à douze mois plus tard. Le premier rappel se fait trois ans après la dernière injection et les rappels ultérieurs, tous les cinq ans.

Destinations à risque : les zones rurales et forestières d’Europe centrale, orientale et septentrionale. Sont concernés des pays comme la Pologne, la Hongrie, la République tchèque, l’Allemagne (Bavière), l’Autriche et la Suisse, mais aussi la Sibérie et le nord de la Chine et du Japon.

Vaccin contre l’hépatite A

L’hépatite A se transmet par l’eau et les aliments contaminés par les matières fécales. Elle provoque des troubles digestifs, accompagnés de fatigue et d’une coloration jaune de la peau d’où son nom commun : « jaunisse ». Les moins de 40 ans issus des pays industrialisés sont les plus exposés. Ayant grandi dans de bonnes conditions d’hygiène, ils ne sont pas immunisés. Considérée à tort comme bénigne du fait de l’absence de formes chroniques, l’hépatite A peut évoluer sous une forme suraiguë gravissime (hépatite fulminante) qui correspond à la destruction massive des cellules du foie nécessitant une greffe hépatique.

Calendrier : une injection et un rappel six à douze mois plus tard. Recommandée aux personnes déjà porteuses d’une hépatite B ou C.

Destinations à risques : tous les pays en développement.

Paludisme : pas de vaccin, mais des précautions

C’est par la piqûre de moustiques infectés que le parasite responsable du paludisme se transmet à l’homme. Il s’agit d’une maladie grave, potentiellement mortelle, dont le principal symptôme est la fièvre, qui peut s’accompagner de maux de tête, de douleurs musculaires, de troubles digestifs, de toux. Le paludisme est très répandu dans les zones tropicales d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Il n’existe pas encore de vaccin, mais des médicaments prescrits par un médecin peuvent être utilisés à titre préventif. Ces médicaments n’étant pas efficaces à 100 %, il faut en plus se protéger des piqûres de moustiques : moustiquaires, pommades répulsives, vêtements longs, etc.

> Lire aussi : Le Faso soap, un savon anti-moustiques pour lutter contre le paludisme 

Soulagement pour les voyageurs ! Des chercheurs de l’Université de Cambridge, en Grande-Bretagne, auraient récemment mis au point un vaccin contre la turista. La « diarrhée du voyageur » ne sera bientôt qu’un mauvais souvenir…

Alexandra Da Rocha