Qui a vraiment eu cette idée folle d’inventer l’école ?

Contrairement à ce que nous dit la chanson, ce n’est pas Charlemagne qui a inventé l’école. Les Grecs et les Égyptiens dispensaient déjà des cours durant l’Antiquité, mais il est vrai que le roi des Francs a contribué à la démocratisation de l’éducation.

0
5404
L'école remonterait à l'Antiquité. ©ThinkStock

« Qui a eu cette idée folle, un jour, d’inventer l’école ? C’est ce sacré Charlemagne », chantait France Gall dans les années soixante. Si le roi a contribué au développement de l’éducation, les fondateurs de l’école seraient plutôt les Grecs, les Égyptiens et nos ancêtres les druides. Explications.

Les origines de l’école remontent à l’Antiquité

Il est difficile de connaître avec précision le nom de celui (ou celle) qui se cache derrière l’invention de l’école. Néanmoins, les historiens s’accordent sur un point : dans l’Antiquité (au IVe millénaire av. J.-C.), les Grecs et les Égyptiens instruisent déjà les plus jeunes. À l’époque, l’éducation n’est pas la même selon l’appartenance sociale : les garçons issus des familles les plus prestigieuses apprennent à écrire, à lire et étudient la littérature ; ceux des familles moyennes sont placés dans des écoles pour devenir hauts serviteurs de l’État ; les plus pauvres n’ont pas accès à l’école. Quant aux petites filles, elles aident leur mère dans les tâches du quotidien, apprennent à chanter, danser et jouer d’un instrument si leur statut social le leur permet.

> En Chine, le philosophe Confucius (551-479 av. J.-C) est considéré comme le premier éducateur du pays. Chez les Romains, l’enseignement se fait en plein air sur la place publique.

IXe siècle : Charlemagne développe l’école en France

Côté Gaulois, ce sont les druides qui jouent les premiers le rôle de professeurs. Ils font réciter des histoires aux enfants, leur apprennent des chansons et des poésies. La lecture et l’écriture ne sont pas enseignées puisqu’à l’époque, il n’y a ni livres ni ardoises à disposition.

Au Moyen-Âge, les moines et les scribes prennent le relais. Leur rôle est d’éduquer les enfants issus de la noblesse. Pendant un millénaire, l’éducation religieuse est omniprésente dans le programme des petits écoliers.

> Lire aussi : Éducation sexuelle – sensibiliser les jeunes dès la primaire ?

Charlemagne marque le premier grand tournant de l’éducation en France. Illettré, le roi des Francs veut donner une chance à tous les enfants. Durant son règne, de 800 à 814, il crée une école et une académie dans son palais, ainsi que des écoles supérieures dans les monastères. La grande nouveauté : les garçons les plus pauvres peuvent apprendre à lire, écrire et compter dans des écoles élémentaires mises en place dans chaque paroisse. Dans les faits, rares sont les enfants à se rendre à l’école. La plupart restent auprès de leurs parents pour les aider dans les champs.

1881-1882 : Jules Ferry instaure l’école laïque publique et obligatoire

Les choses évoluent dix siècles plus tard. En 1833, la loi Guizot stipule que « toute commune est tenue, soit par elle-même, soit en se réunissant à une ou plusieurs communes voisines, d’entretenir au moins une école primaire élémentaire ». En 1850, la loi Falloux exige l’ouverture d’une école pour filles dans les communes de plus de 800 habitants. Comme les garçons, elles y apprennent à lire, écrire et compter. On leur dispense également des cours de puériculture et de travaux ménagers. 

Quelques années plus tard, Jules Ferry vient bouleverser le système éducatif. « Faire disparaître la dernière, la plus redoutable des inégalités qui viennent de la naissance, l’inégalité d’éducation », tel est le souhait du ministre de l’Instruction publique. Par les lois de 1881 et de 1882, il instaure l’école laïque, autrement dit indépendante des entités religieuses. Elle devient aussi gratuite et obligatoire (de 6 à 13 ans). Une révolution.

> Lire aussi : Harcèlement à l’école, levons le tabou !

Aujourd’hui, tous les petits Français ont accès à l’éducation. Un droit inexistant dans les pays les plus pauvres. Selon l’Unicef, 101 millions d’enfants ne vont pas à l’école actuellement. Plus de la moitié d’entre eux sont des petites filles. 

> Lire aussi : Rythmes scolaires – Quels changements entraîneront la réforme Peillon ?

VIDÉO – « Sacré Charlemagne », par France Gall (1964) :


© DR – YouTube

Cécile David