Qui est vraiment Jean-Claude Mas, le fondateur de PIP ?

Ancien charcutier, escroc, manipulateur… Les qualificatifs ne manquent pas pour décrire le mystérieux Jean-Claude Mas, dont les prothèses mammaires fabriquées par sa société PIP sont au cœur d’un scandale sanitaire. Même si certaines périodes de sa vie sont encore floues, Réponse à Tout brosse pour vous le portrait de cet homme d’affaire.

0
2599
Jean-Claude Mas, le fondateur de PIP ©Sipa

Il est actuellement l’ennemi public numéro 1 en France. Très discret depuis la révélation du scandale des prothèses mammaires (on le dit convalescent), Jean-Claude Mas, fondateur de PIP, a un passé qui contient encore des zones de flou.

Né à Tarbes en 1939, il ne se destine pas au départ à travailler dans le milieu médical. Il n’a aucun diplôme de médecine ni de pharmacie. Il n’aurait d’ailleurs pas non plus été charcutier comme cela a pu être rapporté au début de l’affaire. Son domaine de prédilection à lui c’est la vente : vin, cognac, saucisson…

Un brillant VRP

Ses talents de VRP sont indéniables et vont particulièrement lui être utiles au début des années 80. C’est à cette époque qu’il rencontre le chirurgien Henri Arion qui pratiquait depuis plusieurs années déjà l’implantation de prothèses mammaires. On est alors au début du succès de ces prothèses et les deux hommes décident de fonder ensemble leur société pour en fabriquer. En 1991, il créé sa propre entreprise, toujours dans le même domaine : la fameuse Poly Implant Prothèse (PIP) qui deviendra très vite la numéro 1 du secteur en France.

Son ambition lui fait commettre l’impardonnable 

Mais en 2001, Jean-Claude Mas voit trop grand et commet l’erreur qui entrainera la liquidation judiciaire de sa société en 2010. Voulant conquérir le lucratif marché américain, il se lance dans l’élaboration de nouvelles prothèses à partir de gels industriels permettant des coûts de fabrication bon marché. Son produit, qu’il considère comme révolutionnaire, n’est pas agréé mais il fait croire à tout le monde le contraire, même à ses employés d’après les dernières révélations.

A partir de là les scandales ne tardent pas à voir le jour. Les tribunaux anglais sont les premiers à dégainer dès 2005 suite à des plaintes de patientes. L’entreprise varoise est condamnée à payer 1,4 million d’euros. Les problèmes s’enchainent pour PIP et de nouvelles plaintes, pour ruptures de prothèses, apparaissent en France.

Désormais accusé d’avoir fabriqué et vendu des produits cancérigènes, l’homme d’affaire est loin d’avoir fini de s’attirer les foudres de l’opinion publique.

AG