Qui était Sainte-Catherine ?

Chaque 25 novembre, les jeunes filles célibataires âgées de 25 ans sont invitées à célébrer la Sainte-Catherine. Mais d'où vient cette fête et qui était Sainte-Catherine ?

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La vierge martyre Sainte-Catherine a-t-elle vraiment existé ? ©ThinkStock

Selon la tradition, lorsqu’elles soufflent leurs vingt-cinq bougies, les femmes non mariées doivent porter le chapeau de « Catherinette ». Cette tradition, dont l’origine est chrétienne, célèbre une sainte du nom de Catherine.

Issue d’une famille noble, Catherine serait née à Alexandrie (Égypte) vers 290. Philosophe et poète, elle était réputée pour son intelligence et sa beauté. Après avoir vu apparaître la Vierge Marie, elle décida de s’offrir à Jésus et lui dédia sa vie entière. Elle considérait être fiancée au Christ, ce qu’on appelle un mariage mystique.

Sainte-Catherine : vierge et martyre

La légende dit que lorsque l’empereur romain Maxence arriva à Alexandrie, Catherine tenta de le convertir au christianisme. Il la confronta alors à une cinquantaine de savants mais elle les convertit tous et Maxence les fit exécuter.

Catherine refusa ensuite la proposition de mariage de l’empereur qui ordonna qu’on la torture sur une machine à roues dotée de pointes. Selon le mythe, son corps brisa les roues et ses bourreaux perdirent la vue. Fou de rage, Maxence la fit décapiter et à la place du sang, du lait jaillit du cou de Catherine.

Sainte-Catherine : la naissance d’une légende

Toujours d’après la légende, des moines découvrirent quelques siècles plus tard au pied du Mont Sinaï le corps intacte de Catherine. Selon eux, c’était la preuve que des anges en personne l’y avaient déposée. Les pensionnaires du monastère Sainte-Catherine du Sinaï se chargèrent alors de garder le tombeau de la sainte et de le défendre contre les ennemis du christianisme.

Lors des Croisades, l’histoire de Catherine est arrivée jusqu’en Europe et s’est répandue sur le continent. De nombreux artistes s’en inspirèrent dont l’Espagnol Murillo et l’Italien Le Caravage. Sculpteurs et peintres la représentaient avec sa roue aux pointes, son alliance et une auréole. Jeanne d’Arc dira même avoir entendu sa voix. 

Chaque année, Sainte-Catherine fut ainsi fêtée par les Chrétiens le 25 novembre de l’année en tant que patronne (entre autres) des écoliers, des généalogistes, des notaires, des nourrices, des philosophes, des plombiers, des théologiens et, bien sûr, des jeunes filles à marier, qu’elle devait protéger.

Sainte-Catherine : la vérité historique

Mais cette Catherine d’Alexandrie a-t-elle réellement existé ? Les historiens sont sceptiques, tout comme l’Église. En 1970, cette dernière décida de retirer Sainte-Catherine du calendrier car « le peuple chrétien ne peut être invité à une prière officielle que dans la vérité ». Les recherches historiques n’ayant rien donné, l’hypothèse retenue est que Catherine a été inventée pour contrebalancer la figure païenne d’Hypathie, elle aussi belle et savante.

Obligatoire en France jusqu’au XVIIe siècle (dans plusieurs diocèses), la fête de la Sainte-Catherine ne célèbre pas seulement la « plus grande des vierges du Christ (exceptée Marie) », elle célèbre aussi les jeunes célibataires.

Les Catherinettes et leurs chapeaux

Les « Catherinette » désignent en effet les jeunes filles de vingt-cinq ans qui ne sont pas encore mariées. On les affublait autrefois d’un chapeau, symbole de leur célibat, comme le voulait la coutume. La Sainte-Catherine est aujourd’hui beaucoup moins célébrée qu’autrefois mais elle subsiste dans certaines régions de France.

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Charlotte Loisy