Qui se cache derrière l’étrange monsieur Tim Burton ?

« Frankenweenie », sort au cinéma ce mercredi 31 octobre. L’occasion de revenir sur le parcours d’un scénariste hors du commun nommé Tim Burton.

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Timothy William Burton est né le 25 août 1958 à Burbank, en Californie (Etats-Unis). Plus connu sous le nom de Tim Burton, cet homme à l’esprit farfelu a plus d’une corde à son arc. Tantôt réalisateur, scénariste, producteur, conteur ou encore graphiste, il est ce qu’on appelle un artiste complet… Et hors norme !

Tim Burton : une enfance en marge

Tim Burton était un enfant en marge, très solitaire et « introverti » comme il le dit lui-même. Déjà petit, l’univers qui l’attirait était sombre, voire gothique.

Contrairement à ses camarades de classe qui jouaient dehors tous ensemble, Timothy William Burton préférait se réfugier dans les salles de cinéma pour y voir des films de monstres, tels que Godzilla ou Frankenstein – deux personnages dont s’est d’ailleurs fortement inspiré Burton dans Frankenweenie.

Sa blague favorite de l’époque ? Terroriser le fils de ses voisins en lui racontant que les extra-terrestres étaient en route pour venir envahir la planète.

Quand Tim Burton rejoint Disney

L’enfant bourré d’imagination a de l’or entre les mains. Dessinateur hors pair, il intègre, après le secondaire, la California Institute of Arts, où il commence à dévoiler son talent.

Plus tard, en 1979, Tim Burton se fait embaucher par Disney, dont le siège se trouve à Burbank. En 1982, il réalise le court métrage Vincent. Si Julie Hickson, exécutif chez Disney, et Tom Wilhite, responsable du développement créatif, croient au potentiel de l’artiste et investissent 60 000 dollars dans ce film de cinq minutes, Disney trouve les décors et l’ambiance de « Vincent » trop effrayants et refuse de sortir le film. Les fans de Tim Burton ne connaîtront d’ailleurs ce court métrage qu’en 1993, en complément du film L’étrange Noël de monsieur Jack.

Malgré tout, Disney pense que Tim Burton a du talent et décide d’investir dans un second projet, Frankenweenie, en 1984… En vain ! Les mêmes critiques reviennent et le film n’est finalement pas distribué. Le réalisateur décide alors de quitter Disney pour reprendre sa liberté. « Leur vision du dessin n’était pas la mienne », a-t-il déclaré suite à sa démission. « Mais grâce à eux j’ai pu travailler sur mes premiers courts métrages. »

C’est aussi durant sa période Disney que Tim Burton fait la rencontre de Rick Heinrichs, avec qui il collaborera pendant presque toute sa carrière.

Tim Burton, un homme fidèle

Une fois la page Disney tournée, l’artiste décroche un poste de réalisateur chez Warner Bros pour Pee-Wee Bug adventure. L’homme qui a composé la musique du film, Danny Elfman, travaillera avec Burton sur une bonne partie de sa filmographie.

En 1988, Beetlejuice voit le jour. Les aventures de ce personnage étrange, issu de l’imagination du réalisateur lui-même, évolue dans un univers macabre, sombre, poétique et comique à la fois. La patte Tim Burton est bien présente et le film rencontre un vif succès. Un Oscar lui est d’ailleurs décerné pour le meilleur maquillage.

S’en suit le célèbre Edward aux mains d’argent, l’un des films les plus connus de Tim Burton et grâce auquel une rencontre des plus importantes se fera : celle entre le réalisateur et l’acteur Johnny Depp. Entre les deux hommes, la magie opère ! Et avec Tim Burton, quand le courant passe, c’est presque pour la vie. Johnny Depp sera le héros de la quasi-totalité de ses films à venir.

Les longs métrages du réalisateur rencontreront souvent un vif succès, comme L’étrange Noël de monsieur Jack – issu d’un poème écrit par Tim Burton dix ans plus tôt – Sleepy Hollow, Charlie et la chocolaterie – pour lequel Nestlé a livré 120 000 litres d’un liquide couleur chocolat – Big fish ou encore Les noces funèbres.

Dans la plupart des films de Tim Burton, une figure féminine revient très régulièrement, celle de Helena Bonham Carter, qui n’est autre que la femme du réalisateur et mère de ses deux enfants.

Tim burton : sa revanche sur Disney

Face à un tel succès, Disney fait de nouveau les yeux doux à Tim Burton. Le réalisateur signe pour deux longs métrages : Alice au pays des merveilles et Frankenweenie – oui, le même qu’en 1984. Des personnages marginaux confrontés à la cruauté du monde réel, des décors sombres, un humour noir… Tout ce que Disney a refusé dans les années 80 est toujours présent dans les réalisations de Tim Burton. Et c’est tant mieux, puisqu’Alice au pays des merveilles, malgré l’accueil mitigé de la critique, est le plus gros succès commercial du réalisateur et le douzième film le plus lucratif de l’histoire.

Une belle revanche sur le passé, concrétisée en 2012 avec la sortie de Frankenweenie sur les écrans.

Voir la bande annonce de Frankenweenie sur Citizen Kid.

Mathilde Bourge