Réforme des retraites : quelles sont les principales mesures ?

Mardi 27 août, le Premier ministre a présenté le projet de réforme des retraites du gouvernement. Les Français devront cotiser plus et plus longtemps.

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Le premier ministre Jean-Marc Ayrault a présenté le 27 août la nouvelle réforme des retraites ©Sipa

Après deux jours de concertation avec les syndicats et organisations patronales, le gouvernement a dévoilé son projet de réforme des retraites le mardi 27 août. Le point sur ce qui va changer.

Augmentation de la durée de cotisation

L’un des points de discorde portait sur la durée de cotisation. « C’est ma responsabilité de rétablir durablement l’équilibre financier de nos régime de retraite, a déclaré le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Et pour y parvenir, il n’est pas d’autre solution que d’allonger la durée de cotisation nécessaire pour bénéficier d’une pension à taux plein. » Une augmentation, certes, mais qui se fera en douceur. En 2020, la durée de cotisation s’élèvera à 41 ans et trois trimestres, à 42 ans en 2023, à 42 ans et un trimestre en 2026, 42 ans et demi en 2029, 42 ans et trois trimestres en 2032. Enfin, le temps de cotisation sera de 43 ans en 2035.

Mise en place d’un compte de pénibilité en 2015

A partir du 1er janvier 2015, les entreprises devront financer un compte de pénibilité. Il sera « financé par une cotisation des employeurs : une cotisation minimale de toutes les entreprises et une cotisation de chaque entreprise tenant compte de la pénibilité qui lui est propre », a précisé le Premier ministre.

Concrètement, ce compte permettra aux salariés de suivre une formation pour apprendre un métier moins pénible physiquement mais également de financer un maintien de rémunération en cas de passage à temps partiel. Grâce à ce compte, certains salariés pourront aussi partir plus tôt à la retraite. Cette mesure devrait concerner environ 20 % des salariés du privé.

Hausse des cotisations vieillesse à partir de 2014

« Les cotisations sociales seront sollicitées à un faible niveau et progressivement. C’était d’ailleurs les vœux des organisations syndicales de salariés », a assuré Jean-Marc Ayrault. « Tous les régimes seront concernés : celui des fonctionnaires, les régimes spéciaux comme le régime général ou par exemple celui des indépendants selon des modalités propres. » Ainsi, les cotisations vieillesse, financées par les salariés et les entreprises, augmenteront progressivement de 0,15 point en 2014 et de 0,05 en 2015, 2016 et 2017. Soit 0,3 point au total sur trois ans qui devrait permettre d’économiser 4,4 milliards d’euros.

Pas de changement pour la CSG

Enfin, « le gouvernement écarte l’augmentation de la CSG (contribution sociale généralisée) : elle pèserait sur l’ensemble des ménages, elle n’a pas été créée pour financer les retraites ». Un soulagement pour les syndicats qui redoutaient une hausse de cette contribution pour financer le déficit des régimes de retraite.

Grâce à cette réforme des retraites, le gouvernement espère économiser 7,3 milliards d’euros d’ici 2020 pour le régime général, pour compenser un déficit estimé à 7,6 milliards d’euros en 2020 – contre 20 milliards d’euros en l’absence de mesures. D’après les ministres, l’équilibre de tous les régimes sera atteint en 2040.

Avant d’être effectif, le projet sera transmis aux caisses de sécurité sociale et au Conseil d’Etat, avant d’être débattu en Conseil des ministres le 18 septembre prochain.

Mathilde Bourge