Réforme Peillon : 90 % des instits en grève à Paris !

Le SNUipp annonce les chiffres de 90 % d'enseignants en grève à Paris et 52 % d'écoles fermées. Cette mobilisation massive contre la réforme Peillon sur les rythmes scolaires pourrait, dès demain, s'étendre à d'autres villes.

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Vincent Peillon fait face à la grogne des enseignants ©Fotolia

Certains parlent déjà de mobilisation « historique ». Elle est en tout cas massive. Selon le SNUipp, principal syndicat du primaire, 90 % des instituteurs de 570 écoles parisiennes (sur 662 au total) se sont mis en grève aujourd’hui pour protester contre la réforme Peillon sur les rythmes scolaires. La moitié des écoliers se sont même retrouvés devant des portes closes ce matin, 52 % des établissements étant restés fermés.

Réforme Peillon : ce qui fâche tant les enseignants

Le gouvernement a décidé de renouer avec la semaine de quatre jours et demi. La réforme Peillon, qui passera par l’application d’un décret, prévoit de rouvrir les classes le mercredi ou le samedi matin. En contrepartie, les journées (lundi, mardi, jeudi et vendredi) seront raccourcies en moyenne de 45 minutes. Les enfants ne sortiront pas plus tôt de l’école : ce temps, pris avant ou après les cours de l’après-midi, sera comblé par des activités culturelles et/ou sportives, organisées par les mairies.

« On ne veut pas une réforme bâclée, le mot d’ordre c’est ni statu quo ni bricolage », a expliqué Nicolas Wallet du syndicat SNUipp à l’agence Reuters. « Il ne s’agit pas d’un réflexe corporatiste, il y a une réelle inquiétude concernant la mise en place de cette réforme. » « S’ils nous prouvent qu’en cinq mois, ils sont capables de recruter du personnel, de proposer des offres périscolaires riches et égalitaires entre les différentes écoles, on peut y réfléchir, mais j’en doute », rajoute-t-il.

Lire aussi : Rythmes scolaires : les profs expriment leurs inquiétudes  

Réforme Peillon : appel à une mobilisation nationale

« Il y a une exception parisienne, je la regrette », a déclaré le ministre de l’éducation Vincent Peillon lors d’un point de presse, lundi. Cependant, a-t-il ajouté, « il n’y a jamais de grève injustifiée (…) J’entends toutes les réclamations, et chacun est légitime de le faire ».

Si la grogne ne touche aujourd’hui que la capitale, d’autres mouvements en province pourraient voir le jour. Outre Bertrand Delanoë (Paris), plusieurs maires (Angers, Aubervilliers, Bourges, Brest, Dijon, Grenoble, Montreuil, Nantes, Rennes, Rouen, Saint-Denis, Strasbourg et Toulouse) se sont dit prêts à appliquer la semaine de quatre jours et demi dès la rentrée 2013.

Le SNUipp-FSU a déjà appelé à une journée d’action nationale, mercredi, pour sensibiliser aux besoins des écoles pour la rentrée.

Thomas Levy