Richard III souffrait de vers intestinaux

Richard III était porteur de vers intestinaux de type ascaris, rapportent des scientifiques. La maladie dont souffrait le roi d'Angleterre fait encore de nombreuses victimes aujourd'hui.

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Portrait du roi d'Angleterre, Richard III ©ThinkStock

Des chercheurs britanniques ont mis à jour les vers de Richard III (1452-1485) et on ne parle pas, là, de poésie. Le roi controversé d’Angleterre était porteur de vers intestinaux de type Ascaris lumbricoide, rapporte la revue The Lancet. Preuve que l’hygiène, même d’un monarque, laissait à désirer au XVe siècle.

Cette découverte a été faite à partir de son squelette, retrouvé l’an dernier par des archéologues de l’Université de Leicester sous un parking de la ville. « Ce que nous avons trouvé, c’est plein d’oeufs de vers à l’endroit où les intestins devaient se trouver. Il n’y avait aucun oeuf de parasite d’aucune sorte dans le sol du crâne et des niveaux très bas dans la tombe », a expliqué Piers Mitchell, chercheur au département d’archéologie et d’anthropologie de l’Université de Cambridge qui a dirigé l’étude. « Cela montre qu’un nombre significatif d’oeufs dans le sol doit véritablement provenir des intestins du roi et ne pourrait être une contamination venant du sol ».

Une femelle ascaris pond 200 000 œufs par jour !

L’ascaridiose, la maladie provoquée par ces vers, fait encore 60 000 victimes par an dans le monde, principalement des enfants, selon l’OMS. La contamination se fait par le biais de fruits ou de légumes dans lesquels ont été déposés des œufs. Une fois ingérés, ces derniers libèrent des larves dans les intestins, qui traversent la paroi et pullulent ensuite dans le reste de l’organisme. Adulte, un ver ascaris peut atteindre 30-35 centimètres et une femelle, pondre jusqu’à 200 000 œufs par jour !

Pour survivre, ces vers « volent » la nourriture de leur hôte à l’intérieur même des intestins. C’est pourquoi, la maladie induit souvent une malnutrition et une grande pâleur. Dans le cas de Richard III, les chercheurs pensent que ces symptômes on pu passer inaperçus, le roi devant certainement avoir une alimentation très riche.

D’après leurs travaux, Richard III n’était pas porteur d’autres types de ver, comme le ténia, transmissible par la viande mal cuite. « Peut-être que les chefs médiévaux étaient plus consciencieux que certains pourraient penser », en déduisent les archéologues. 

Julie Toury