Roaccutane : le débat relancé sur les suicides

Le Roaccutane est de nouveau mis en cause dans le suicide d'un patient traité pour l'acné. La mère porte plainte.

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Le médicament Roaccutane est suspecté d'avoir provoqué plusieurs suicides. ©ThinkStock

Ce n’est pas une première, mais cette nouvelle affaire relance le débat sur ce médicament anti-acné, le Roaccutane.

Une habitante de Lunéville, en Meurthe-et-Moselle, a porté plainte contre une dermatologue après le suicide de son fils, selon le journal l’Est Républicain, daté du vendredi 25 octobre. La praticienne, mise en question, avait prescrit au jeune un générique du Roaccutane, un traitement anti-acné déjà soupçonné d’avoir entraîné d’autres suicides.

Roaccutane : de nombreux effets secondaires

Pour la plaignante, il s’agit d’une « faute professionnelle grave ayant entraîné le décès de [son] fils. Le dermatologue a fait un suivi uniquement par prise de sang, elle n’a pas jugé bon d’orienter mon fils vers un psychologue ». La victime, un étudiant en lettre âgé de 22 ans, a été suivi entre janvier et juin 2013 pour une cure sévère de Curacné, un générique de Roaccutane.

Sa mère parle de lui comme un enfant « intelligent, souriant, très doué avec plein de projets d’avenir ». Mais cet été  tout bascule : « il ne dormait plus la nuit, s’enfermait des heures dans sa chambre, souffrait de douleurs musculaires très fortes dans le dos et de sécheresse des muqueuses », raconte sa mère. En juillet, il s’est pendu dans sa chambre.

Le Roaccutane (et ses génériques : Procuta, Curacné, Contracné) est un médicament contre les acnés sévères, composé d’isotrétinoïne, un dérivé de la vitamine A. Celle-ci inhibe la sécrétion de sébum par les glandes sébacées. Ces traitements peuvent générer de nombreux effets secondaires indésirables, dont des troubles de l’humeur.

Roaccutane : soixante suicides déjà recensés

L’isotrétinoïne favorise une poussée d’acné dans un premier temps, elle provoque également une sécheresse de la peau et des muqueuses. On la soupçonne enfin d’agir sur l’humeur des jeunes patients, poussant certains d’entre eux à se suicider.

Ce médicament, qui vaut à son inventeur, le groupe pharmaceutique suisse Roche, une série de plaintes après plusieurs suicides de patients, a été retiré du marché français en 2008, pour des raisons commerciales.

Mais plusieurs de ses génériques sont toujours en vente en France. Une association de victimes du Roaccutane a même été créée. « Une soixantaine de suicides en France et en Suisse liés à la prise de ces traitements, et 1 800 témoignages » ont été recensé par son président, Daniel Voidey.

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Laurie Ferrère