Roubaix : l’odeur du cannabis gêne la police

Les policiers du commissariat de Roubaix (Nord) ne supportent plus l’odeur du cannabis, saisi au fil des enquêtes. Ils se plaignent de maux de tête et de nausées.

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Les policiers seraient pris de céphalées et de nausées, comme s’ils avaient consommé du cannabis. ©Préfecture de Police

L’odeur de cannabis monte à la tête des policiers de Roubaix (Nord). Les fonctionnaires du commissariat subissent les effets secondaires liés à l’accumulation de produits stupéfiants, saisis enquête après enquête. Ils se sont plaints, entre autres, de maux de tête « cannabiques » auprès du directeur de la sécurité publique. Trois d’entre eux ont réalisé des tests salivaires, qui se sont avérés positifs.

Cannabis : 40 kilos de drogues stockés dans le commissariat

L’odeur serait perceptible dès le rez-de-chaussée mais vraiment forte au premier étage. « Quand vous sortez de là, vous sentez clairement la beuh. Et après une journée, vous êtes shooté », assure un agent (20 Minutes). « L’auto-culture de l’herbe se développe dans la population, explique un gradé. Les prises augmentent. Et contrairement à la résine de cannabis, l’herbe sent très fort. » Résultats : les policiers sont pris de céphalées et de nausées, comme s’ils avaient consommé du cannabis.

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40 kilos de drogue seraient actuellement stockés dans les locaux. Pourquoi ne pas détruire toute cette herbe ? Parce qu’une circulaire ministérielle datée d’octobre 2009 a renforcé la réglementation. Pour limiter au maximum le risque de disparition de preuves, la destruction de stupéfiants doit être organisée par le directeur de greffe, au parquet. Selon Fabrice Danel – secrétaire départemental d’Unité-SGP Police dans le Nord – le parquet de Lille ne répondrait plus aux demandes de destruction.

Drogues non détruites : l’origine du problème reste floue

D’après Frédéric Fèvre, procureur de la République à Lille, le problème proviendrait des tensions existant entre les commissaires lillois et la directrice de greffe du tribunal. À moins qu’il ne s’agisse d’un manque d’effectifs au sein du service. Un magistrat a confié au quotidien régional Nord Éclair que la directrice de greffe refuserait de récupérer les scellés pour faire pression et obtenir des postes supplémentaires.

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Cécile David