Santé : le coeur et les poumons touchés par la pollution de l’air

La pollution de l'air est-elle dangereuse pour la santé ? D'après deux études publiées dans Lancet, elle pourrait provoquer des cancers du poumon et des insuffisances cardiaques.

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La pollution de l'air comporte des risques pour les poumons et le coeur. ©ThinkStock

Deux études publiées dans le Lancet montrent que la pollution de l’air comporte un risque pour la santé, notamment au niveau des poumons et du coeur. La première réunit 17 études européennes sur le sujet, soit 313 000 personnes observées durant 13 ans.

Les chercheurs ont constaté que l’exposition à long terme aux particules fines (PM 10 et PM 2,5) augmente le risque de développer un cancer du poumon, même lorsque les niveaux de pollution sont inférieurs aux normes européennes. Une hausse de pollution aux particules fines PM 2,5 de 5 microgrammes par m3 augmente ces risques de 18 %. L’augmentation de 10 microgrammes par m3 de particules PM 10 les augmente de 22 %.

D’après les auteurs de l’étude, « il n’existe pas de seuil en dessous duquel il n’y aurait pas de risque ». Toute exposition à la pollution comporte donc un risque pour la santé. Dans un commentaire lié à l’étude, Takashi Yorifuji de l’université d’Hiroshima (Japon) prévient : « À ce stade, nous pourrions avoir à ajouter la pollution de l’air, même à des concentrations actuelles, à la liste des causes du cancer du poumon et de reconnaître que la pollution atmosphérique a des effets importants sur la santé publique ».

Pollution de l’air : les risques pour le coeur

La deuxième étude sur le sujet concerne les maladies cardio-vasculaires. Elle souligne que la pollution de l’air augmente de 2 à 3 % le risque d’hospitalisation et de décès lié à l’insuffisance cardiaque. On savait que la pollution avait un effet sur l’infarctus du myocarde mais « là ce qui est complètement nouveau, c’est que les chercheurs démontrent qu’il y a un lien entre des pics de pollution et le nombre d’hospitalisations et de décès pour insuffisance cardiaque », explique le Pr Yves Cottin, chef du service de cardiologie au CHU de Dijon, au Nouvel observateur.

Il précise toutefois que ce lien n’a été remarqué que chez les personnes déjà atteintes d’insuffisance cardiaque : « L’exposition chronique conduit au développement de la maladie et les pics de pollution déstabilisent la maladie. C’est vrai pour l’infarctus mais aussi pour l’insuffisance cardiaque ».

Pollution de l’air : comment se protéger ?

Il conseille donc aux personnes concernées d’éviter l’activité physique lors des pics de pollution, les insuffisants chroniques comme respiratoires. Mais pour lui, cela n’est pas suffisant pour les effets d’une exposition chronique. Ce qu’il faut, c’est une démarche collective de santé publique. Les auteurs des études estiment à 8 000 les hospitalisations pour décompensation cardiaque qui pourraient être évitées en réduisant l’émission des microparticules.

L’Institut de veille sanitaire souhaite que l’on accentue les efforts de réduction de la pollution atmosphérique. Issue du trafic automobile, du chauffage urbain ou encore de l’agriculture, elle est particulièrement associée à l’adénocarcinome, une forme de cancer que l’on trouve surtout chez les non-fumeurs.

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Charlotte Loisy