Séisme au Népal : pourquoi ce n’est que le début ?

Le séisme qui a frappé le Népal le 25 avril pourrait être le premier d'une longue liste. Pourquoi le pire est peut-être à venir ? Explications.

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Le Népal se trouve dans l'une des parties du monde les plus exposées aux séismes. - crédit photo : Niranjan Shrestha - AP - Sipa ©ShutterStock

Le samedi 25 avril, un séisme de magnitude 7,9 sur l’échelle de Richter est survenu au Népal, entraînant la mort de près de 3 200 personnes. Alors que l’aide internationale commence à arriver sur place, les spécialistes préviennent : le pire est peut-être à venir. Selon les observations des sismologues, de puissants tremblements de terre sont à prévoir dans cette région d’Asie dans les mois ou les années à venir.

La plaque tectonique de l’Inde essaie de passer sous le plateau tibétain

Le séisme dévastateur de samedi est dû à la rupture d’une faille en moins d’une centaine de secondes, qui a provoqué des ondes extrêmement fortes. Cette faille est un plan incliné mesurant environ 150 kilomètres de longueur, 50 de large et 15-20 de profondeur, qui est coincé et se débloque par morceaux à chaque nouveau tremblement de terre.

Le phénomène a débuté au nord-ouest de Katmandou, la capitale népalaise, puis s’est étendu vers l’est sur une centaine de kilomètres. L’Institut américain de géophysique (USGS) précise qu’il s’est formé là où se rencontrent la plaque tectonique qui porte l’Inde, au sud, et la plaque eurasienne, au nord. « La plaque indienne remonte à une vitesse de l’ordre de deux centimètres par an vis-à-vis du Tibet et essaie de passer sous le plateau tibétain. Or cette remontée ne se fait pas de manière continue mais par saccades, explique Jérôme Vergne, sismologue à l’Observatoire des sciences de la terre de Strasbourg (AFP). Là, on a eu une très grosse saccade, c’est-à-dire une rupture brutale de l’interface de la faille qui sépare ces deux plaques. »

Un nouveau séisme de forte magnitude pourrait frapper le Népal

La rupture n’a pas été nette. Des zones peuvent donc encore être sujettes à des tremblements de terre. Par exemple, la partie superficielle, située au sud de Katmandou, ne s’est pas cassée, ce qui signifie que cette région pourrait être exposée à de nouveaux séismes dans les mois ou les années à venir.

Logiquement, les répliques devraient progressivement être moins nombreuses et moins puissantes. Mais ce n’est pas une certitude. « On a observé dans le passé des répliques à forte magnitude, pouvant même aller jusqu’à la magnitude du choc principal », assure Monsieur Vergne à l’AFP. Si un séisme de très forte magnitude frappait une nouvelle fois le Népal, les ravages seraient d’autant plus importants que les constructions « ont été fragilisées par le premier choc », souligne l’expert.

Népal : une zone à risque

Le Népal se trouve dans l’une des parties du monde les plus exposées aux tremblements de terre en raison de la convergence de continents. D’immenses failles avec de longs plans inclinés sont répertoriées dans cette région et peuvent entraîner de grandes zones de contacts. Selon Pascal Bernard, sismologue à l’Institut de physique du globe de Paris, il n’y a pas de doute : « À une échelle de quelques dizaines à quelques centaines d’années, on sait qu’il y aura de nouveau des séismes majeurs dans la zone himalayenne, qui pourraient même dépasser la magnitude de celui-ci ».

Ces futurs tremblements de terre pourraient être d’une magnitude comprise entre 8,5 et 9, voire au-delà. Difficile cependant de savoir précisément à quels moments ils surviendront. « Oui, le « pire » est à venir, mais ça peut être dans quelques siècles », commente Monsieur Bernard. L’un des derniers gros séismes ayant frappé l’est de Katmandou remonte à 1934. Dans l’ouest du pays, aucune catastrophe de cette ampleur ne s’était produite depuis 1505.

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Cécile David