Sibérie : le réveil d’un virus géant

L’Académie des sciences américaine publie une étude dans laquelle elle mentionne la découverte d’un virus géant vieux de 30 00 ans en Sibérie. Il a été baptisé Pithovirus sibericum.

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Une révélation qui inquiète les scientifiques. ©ThinkStock

Si vous pensiez que le réchauffement climatique n’avait un impact que sur l’environnement, détrompez-vous. Le réchauffement climatique peut aussi être une question de santé publique.

Le plus gros virus jamais découvert

C’est en tout cas ce que montre le dernier rapport de l’Académie des sciences des Etats-Unis, publié lundi 3 mars. Le réchauffement climatique et les forages profonds ont mis à jour un nouveau type de virus géant qui a survécu à la congélation, dans une couche de permafrost sibérien contemporain à l’extinction de l’homme de Neandertal.

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Ce virus vieux de 30 000 ans, baptisé Pithovirus sibericum, serait capable d’infecter des amibes mais reste inoffensif pour l’homme et les animaux. Son diamètre (0,5 micromètre) et sa longueur (1,5 micromètre) en font également « le plus gros virus jamais découvert » précisent les scientifiques. Cette découverte porte à trois le nombre de familles connues de virus géant.

Les forages : une question de santé publique

Une révélation qui inquiète les scientifiques : « Le seul fait que l’on puisse ramener à la vie un virus de trente mille ans signifie que des pathogènes pour l’homme peuvent de la même manière refaire surface » explique Chantal Abergel, directrice de recherche au CNRS et co-auteur de la publication. « On se rend compte des dangers qu’il y a à perturber le climat » précise le Professeur Jean-Michel Claverie, directeur du laboratoire information génomique et structurale.

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Selon l’équipe de chercheurs, le réchauffement climatique et l’exploitation minière et industrielle (gaz naturel, charbon, pétrole, or) des régions arctiques pourraient comporter des risques pour la santé publique. La possibilité d’une réémergence de virus considérés comme éradiqués à partir de ce frigo géant qu’est le permafrost ne relève plus de la science-fiction, et des épisodes historiques sont là pour nous le rappeler, comme les Indiens décimés par la rougeole et la syphilis contractées auprès des Européens.

« On pense avoir éradiqué la variole, mais ce n’est le cas qu’à la surface de la Terre ».

Laurie Ferrère