SIDA : le bilan, 30 ans après sa découverte

Il y a 30 ans jour pour jour, le monde découvrait l'existence du Sida, un virus qui fera 30 millions de victimes dans le monde. Alors qu'aucun vaccin n’a encore été mis au point, où en est-on dans les traitements contre la maladie ?

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2018
En 30 ans, le virus du Sida a tué 30 millions de personnes dans le monde. ©ThinkStock

Le 20 mai 1983, la revue Science publiait un article décrivant pour la première fois le virus du Sida. Les auteurs de l’enquête : des scientifiques français emmenés par le professeur Montagnier, considérés à l’époque comme marginaux. Alertés par le personnel soignant, les chercheurs découvrent le virus à l’origine du syndrome d’immunodéficience acquise en l’isolant sur le ganglion d’un patient.

Confirmé l’année suivante par une équipe américaine menée par le professeur Gallo, le virus est d’abord baptisé Lav pour « Lymphadenopathy Associated Virus ». L’un des premiers symptômes de la maladie était le gonflement des ganglions, appelé « adénopathie ». A l’époque, on l’appelait aussi la « maladie des 4 H », pour homosexuels, héroïnomanes, hémophiles et Haïtiens, ou encore le « cancer gay », alors que l’on savait la maladie sexuellement transmissible.

Co-découvreuse du virus, Françoise Barré-Sinoussi se souvient au micro d’Europe 1 qu’elle n’imaginait pas le fléau qu’allait devenir le virus : « Il y avait une cinquantaine de cas. On n’avait pas encore la notion de ce qu’il se passait en Afrique et de l’ampleur que ça allait prendre ».

Sida : 30 ans après, quels traitements pour les séropositifs ?

En 1996, les traitements par trithérapie avaient complètement changé les choses : les séropositifs dépistés tôt ont aujourd’hui une durée de vie équivalente à celle de la population générale et ont très peu de risque de transmettre la maladie.

Malgré des essais sur l’Homme à l’hôpital de Marseille, un vaccin préventif n’a toujours pas été trouvé. Françoise Barré-Sinoussi explique la complexité d’une guérison totale du Sida : elle suppose l’éradication du virus de l’organisme en le chassant de tous les compartiments et réservoirs où il se cache et « c’est extrêmement difficile avec ce virus ».

Prix Nobel de Médecine en 2008, elle rappelle que peu de personnes porteuses du virus meurent dans les pays occidentaux, sauf quand il est détecté tard, d’où l’importance du dépistage. Mais l’accès aux soins est loin d’être le même dans les pays plus pauvres. Le Sida a tué entre 25 et 30 millions de personnes dans le monde et 34 millions de personnes vivent actuellement avec le VIH, dont environ 1,8 million décèdent chaque année.

« Imagine the future » : une conférence pour dresser le bilan du Sida

Co-organisée par l’Institut Pasteur, la conférence « Imagine the Future » qui se tient à Paris pendant trois jours, fera le point sur la situation actuelle. Elle reviendra sur l’amélioration des traitements et la possibilité de s’en passer. Les contrôleurs naturels peuvent contenir le virus sans avoir pris le moindre traitement. Mais ils sont très rares (moins de 1 %). Certains contrôleurs adultes traités précocement peuvent également cesser le traitement et rester en bonne santé.

Récemment, un nouveau-né a maîtrisé la maladie transmise par sa mère séropositive en recevant des antirétroviraux moins de 30 heures après sa naissance. 

VIDEO – Françoise Barré-Sinoussi raconte la découverte du VIH (document Europe 1)

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Charlotte Loisy