Sodas lights, yaourts 0 %… sont-ils sans danger chez la femme enceinte ?

L’Anses affirme que consommer de l’aspartame pendant la grossesse ne présente pas de danger, ni pour la mère, ni pour le bébé. Un avis contredit par une étude danoise de 2010, selon laquelle, il augmenterait le risque d’accouchement prématuré.

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Sodas lights, yaourts 0%... sont-ils sans danger chez la femme enceinte ? ©ThinkStock

Les futures mamans peuvent continuer de boire leur coca light en toute tranquillité. Dans un rapport publié lundi, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) affirme que les édulcorants intenses, dont fait partie l’aspartame, sont « sans risque avéré » chez la femme enceinte. Les experts français ont passé en revue les différents travaux effectués sur le sujet et, selon eux, « les données disponibles ne permettent pas de conclure à un effet préjudiciable des édulcorants intenses pendant la grossesse, que ce soit sur la santé de la mère, les paramètres obstétricaux, ou la santé du nouveau-né ».

De nouvelles recherches « toutefois nécessaires »

Pourtant, une étude met le doute : celle du Pr Halldorsson, menée sur 60 000 danoises et publiée fin 2010 dans l’American Journal of Clinical Nutrition. L’équipe de chercheurs avait démontré un risque important d’accouchement prématuré chez les futures mamans consommant des boissons lights. Ce risque s’élevait à 27 % en buvant un verre par jour, 35 % avec deux ou trois, et à 78 % avec plus de quatre.

L’Anses considère donc que « de nouvelles recherches sont nécessaires, d’autant plus que l’étude d’Halldorsson (2010) fait état d’une relation effet-dose entre la consommation de boissons édulcorées et le risque d’accouchement prématuré induit », indique le rapport.

L’aspartame, sans intérêt nutritionnel

Si l’Anses ne déconseille pas spécialement aux femmes enceintes de consommer des produits édulcorés, elle n’en voit pas non plus l’intérêt. Elle souligne l’absence de bénéfice nutritionnel propre des sodas lights et autres yaourts 0 % et rappelle qu’il est préférable, d’une façon générale, de limiter la consommation de produits sucrés pendant neuf mois.

Par ailleurs, l’Anses a demandé à l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) de réévaluer la dose quotidienne admissible d’aspartame, fixée actuellement à 40 mg par kilo de poids corporel. Les résultats sont attendus pour la fin de l’année 2012.

Julie Toury