Sommes-nous tous égaux face aux moustiques ?

Certaines personnes semblent plus sensibles que d’autres aux piqûres de moustique. Sommes-nous sur un même pied d’égalité concernant ces insectes ? Réponse avec Claudio Lazzari, professeur à l’université de Tours.

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L'odeur dégagée par notre peau attirerait plus ou moins les moustiques ©ThinkStock

L’été arrive avec son lot d’apéros et de barbecues en terrasse. Des moments agréables qui peuvent vite tourner au cauchemar lorsque les moustiques s’invitent à table. Et souvent, lorsque ces petites bêtes s’en prennent à leur proie, elles ne la lâchent plus.

Mais sommes-nous tous égaux face à ces attaques de moustiques ? La légende raconte que les personnes au sang sucré attireraient davantage ces insectes. Info ou intox ? Claudio Lazzari, professeur à l’université de Tours et dirigeant d’une équipe de recherche hématophage au CNRS, rétablit la vérité.

Piqûre de moustique : une question d’odeur

D’emblée, le Pr Lazzari avoue qu’on « ne sait pas » si les êtres humains sont égaux face aux moustiques. Au-delà du fait que certaines personnes semblent se faire davantage piquer que d’autres, la réaction de la peau diffère d’un individu à l’autre. « Sur certains, les piqûres vont tout de suite prendre des proportions énormes, avec un aspect rouge et gonflé. Mais il arrive que le corps réagisse différemment et qu’aucune trace visible sur la peau n’apparaisse. Dans ce sens, c’est sûr, nous sommes inégaux. »

Si aucune étude n’est capable d’affirmer complètement l’inégalité des humains face à ces insectes, Claudio Lazzari pense tout de même que certaines personnes attirent plus les moustiques que d’autres. Et selon lui, l’histoire du sang sucré ne tient pas debout. D’après ses études, le facteur déterminant serait plutôt notre « bouquet d’odeurs », dégagé par la peau ou bien l’haleine. « La clé serait l’odeur émise par notre respiration, plus ou moins chargée en CO2 et en acide gras ». Il semblerait que les moustiques se servent de ce facteur pour différencier les animaux et déterminer s’ils peuvent s’attaquer à eux sans risquer de se faire tuer.

« C’est une étude importante mais très compliquée. Plusieurs équipes travaillent sur le sujet, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni ou en France, mais personne n’est parvenu à expliquer pleinement ce phénomène d’inégalité. » Mais selon le Pr Lazzari, une chose est sûre : « Ce qu’il faut chercher, ce n’est pas le facteur qui attire les moustiques mais celui qui les repousse, afin de mieux les combattre. »

Mathilde Bourge