SOS Médecins : une grève très suivie

L'appel à la grève de SOS Médecins est massivement suivi depuis hier, dimanche 25 janvier. En dépit des réquisitions, de nombreuses perturbations ont été observées, notamment au niveau des délais de réponse aux appels des patients.

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Les associations de SOS Médecins se mobilisent une nouvelle fois car elles redoutent la suppression du poste de médecin de garde la nuit (de minuit à 8 heures du matin). - crédit photo : Maksym Poriechkin ©ShutterStock

Toutes les structures de SOS Médecins participent à la grève lancée le dimanche 25 janvier, quelques semaines seulement après un premier mouvement organisé au cours des fêtes de fin d’année. « Toutes ont été réquisitionnées mais nous ne sommes pas dans un fonctionnement normal », a déclaré à l’AFP le Dr Serge Smadja, secrétaire général de l’organisme. À titre d’exemple, sur la soixantaine de médecins prévus à Paris, une vingtaine seulement travaillent aujourd’hui en étant répartis « à peu près équitablement sur les secteurs géographiques ».

Grève SOS Médecins : les standards ne sont pas réquisitionnées partout

Au sein de la capitale, les délais de réponse aux appels des patients sont très importants par rapport à la normale mais le Dr Smadja indique que le standard fonctionne tout de même à 50 %. Dans d’autres régions, la situation est plus critique. Les standards ne sont pas réquisitionnés partout : les appels sont alors transférés au centre 15, qui doit ensuite contacter les médecins sur leur portable. Le risque d’encombrements est donc assez élevé et les délais d’attente risquent d’être très longs.

Normalement, le mouvement devrait s’achever ce matin.

SOS Médecins : les patients, contraints de passer par les urgences ?

Les associations de SOS Médecins se mobilisent une nouvelle fois car elles redoutent la suppression du poste de médecin de garde la nuit (de minuit à 8 heures du matin), une mesure décidée par les directeurs d’agences régionales de santé (ARS) dans le Nord-Pas-de-Calais et en Lorraine.

Dominique Ringard, président de SOS Médecins France, craint que cette réforme ne contraigne les patients à passer par les services d’urgence. « Il faut (…) un médecin qui puisse aller voir les enfants, les personnes âgées, les gens qui souffrent en pleine nuit, pour qu’on ne soit pas obligés de les mettre dans des ambulances à 3 heures du matin pour les envoyer passer quatre ou cinq heures aux urgences », argumente-t-il (AFP).

Le ministère de la Santé tempère

Les grévistes redoutent que cette réforme ne soit appliquée dans d’autres régions en raison de la réforme territoriale et du projet de loi de santé, critiqué par certains acteurs du secteur parce qu’il donnerait davantage de pouvoir aux ARS. Assurant n’avoir toujours pas été reçu par la ministre de la Santé Marisol Touraine en personne, SOS Médecins demande désormais l’intervention de François Hollande.

Du côté du ministère, on tente d’apaiser la situation en rappelant que les représentants des associations ont été reçus plusieurs fois au cabinet ces derniers mois et que la mesure posant problème ne concerne que l’agglomération de Nancy. Son extension au Nord-Pas-de-Calais est « soutenue par les acteurs locaux » mais n’est pas encore validée. L’entourage de la ministre assure que les « patients pourront toujours avoir accès à un médecin de ville la nuit ».

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Damien Rigat