« Stop-Ça suffit » : la campagne contre le harcèlement sexiste dans les transports

Le gouvernement lance ce lundi 9 novembre une campagne nationale contre le harcèlement sexiste dans les transports en commun. Des affiches seront placardées dans les bus et sur les quais de métro.

0
928
« Stop-Ça-suffit » : la campagne contre le harcèlement sexiste dans les transports ©DR

« Vous êtes charmante », « on fait connaissance ? », « T’es bonne, tu m’excites », « Réponds sale chienne », voici les mots adressés aux femmes dans les transports et que l’on pourra voir affichés à partir de ce lundi 9 novembre dans les bus et sur les quais de métro. Dans le cadre de la campagne « Stop-Ça suffit », des affiches seront en effet placardées. Ces dernières décriront les interpellations d’un agresseur, représentées sur une ligne de métro fictive. Au fur et à mesure des arrêts, elles deviendront de plus en plus violentes jusqu’au terminal avec « Stop-Ça suffit ». D’autres affiches reflèteront, sur le même modèle, la peur de la victime ou les hésitations d’un témoin.

Annoncée il y a quatre mois dans le cadre du plan de « lutte contre le harcèlement sexiste et les violences sexuelles » dans les transports en commun, la campagne « vise à faire évoluer les comportements, pour qu’aucune agression ne soit banalisée ou ignorée. L’objectif est de donner à chacun et chacune des outils pour réagir », explique Pascale Boistard, secrétaire d’État chargée des Droits des femmes.

6 mois de prison et 22 500 euros d’amende

Une vidéo de sensibilisation sera également diffusée sur les sites de partages de vidéo et un site internet destiné à sensibiliser le public aux réactions adaptées à chaque situation sera mis en ligne. Cette campagne déclinée sur internet et les réseaux sociaux a aussi pour objectif de rappeler les peines encourues par les agresseurs : 6 mois de prison et 22 500 euros d’amende pour injures ou menaces, 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende pour baisers forcés, mains aux fesses, frottements…

Les victimes et témoins sont appelés à réagir via des numéros d’urgence : le 17 ou 112, le 114 par SMS. Et à partir du 7 décembre, un numéro d’alerte de la SNCF (3117) accessible par SMS sera mis en place. Cela permettra de signaler une situation d’urgence plus discrètement qu’en téléphonant.

En avril dernier, le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh) soulignait dans un rapport que 100% des utilisatrices des transports en commun ont subi au moins une fois dans leur vie un harcèlement sexiste ou une agression sexuelle, d’après les données collectées en mars auprès de 600 femmes de Seine-Saint-Denis et d’Essonne.

Lire aussi :

Hé : l’appli qui fait vivre le harcèlement de rue

– Nantes teste l’arrêt des bus à la demande sur ses lignes nocturnes

Justine Dupuy