Suite à des décès, quatre plaintes contre le Pradaxa

Les familles de quatre personnes décédées après avoir consommé du Pradaxa ont porté plainte contre le laboratoire Boehringer Ingelheim. Les plaignants accusent également l'ANSM de ne pas avoir appliqué le principe de précaution.

0
1250
Les familles de quatre personnes décédées après avoir consommé du Pradaxa ont porté plainte pour homicide involontaire ©ThinkStock

Après les alertes, les plaintes. Les familles de quatre personnes âgées, décédées début 2013, ont décidé de porter plainte contre le laboratoire allemand Boehringer Ingelheim, qui commercialise l’anticoagulant Pradaxa.

Comme l’explique leur avocat ce mercredi 9 octobre, les plaignants souhaitent également que l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) soit sanctionnée. Elle est notamment accusée d’avoir ignoré le principe de précaution. En revanche, Me Philippe Courtois défend vouloir inciter les malades à arrêter leur « traitement sans avis médical ».

Le Pradaxa n’est pas le seul médicament à incriminer

Le Pradaxa, prescrit pour prévenir les accidents vasculaires cérébraux, a pourtant fait l’objet d’une attention particulière depuis quelques semaines. Dans une lettre adressée aux professionnels il y a près d’un mois, l’ANSM prévient que « les évènements hémorragiques majeurs, y compris ceux ayant entraîné une issue fatale, ne concernant pas seulement » une classe d’anticoagulants plus ancienne, mais aussi les nouveaux, comme le Pradaxa. Selon l’Agence, les prescripteurs « ne sont pas suffisamment informés de la prise en charge des risques hémorragiques ».

Pradaxa : dangereux pour les personnes âgées ?

Pour l’avocat de ces quatre familles, qui ont porté plainte pour homicide involontaire, le Pradaxa n’est pas plus dangereux que les autres anticoagulants, « sauf pour les personnes âgées ». « On ne devrait pas leur donner du Pradaxa », insiste-il. Les seniors « sont très peu représentés dans les études, alors que ce sont eux qui sont le plus exposés ». La molécule « n’a pas été assez étudiée, notamment chez les patients les plus fragiles », selon la plainte.

De plus, d’après les plaignants, « il n’existe pas d’antidote, ni de traitement spécifique d’efficacité prouvée en cas de survenue d’un accident hémorragique liée à l’action de ces médicaments », alors que « la survenue d’une hémorragie sous AVK est résorbable par l’administration de vitamine K », (anciennes générations d’anticoagulants). « S’il y a une hémorragie, on ne peut pas l’endiguer ».

En France, le Pradaxa a été inscrit en juillet 2011 par l’Afssaps sur une liste de médicaments nécessitant « une surveillance renforcée » et l’ANSM relevait le 20 septembre qu’elle « avait communiqué régulièrement sur les risques d’utilisation » des NACOs (nouveaux anticoagulants oraux).

Mathilde Bourge