Surpoids : les enfants courent moins vite qu’il y a 30 ans

D'après une étude australienne, les enfants d'aujourd'hui courent moins vite que leurs parents au même âge. La montée du surpoids infantile expliquerait cette baisse de l'endurance.

0
1972
Aujourd'hui, les enfants mettent en moyenne 90 secondes de plus que leurs parents au même âge pour courir un 1 500 mètres ©ThinkStock

En combien de temps votre enfant est-il capable de courir un 1 500 mètres ? Si vous ne connaissez probablement pas la réponse, il y a de fortes chances que son chrono soit moins bon que le vôtre au même âge. D’après une étude australienne présentée au congrès annuel de l’American Heart Association, l’endurance cardiovasculaire des plus jeunes serait moins bonne que celle des enfants des années 80 et ce, quel que soit leur sexe.

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont analysé une cinquantaine d’études menées sur le sujet entre 1964 et 2010. Grâce à ces enquêtes, les scientifiques ont eu accès aux données de la santé cardiovasculaire d’environ 25 millions d’enfants de 28 pays, âgés de 9 à 17 ans. Parmi ces études, certaines ont mesuré la distance parcourue par ces têtes blondes en un temps donné. A l’inverse, d’autres ont cherché à savoir combien de temps mettaient les enfants pour courir sur une distance précise. Pour chaque test, les bambins parcouraient entre 1 et 3 kilomètres ou réalisaient des épreuves de 5 à 15 minutes.

Des performances en berne à cause du surpoids

Lors de la présentation de ses résultats, le Dr Grant Tomkinson a assuré que la santé cardiovasculaire des enfants était en déclin à travers le monde, puisque leur endurance baissait en moyenne de 5 % tous les dix ans. Sur trente ans, leur santé cardiovasculaire aurait donc chuté de 15 %.

De plus, les enfants d’aujourd’hui mettraient environ 90 secondes de plus à courir un 1 500 mètres que leurs parents au même âge. « En fait, environ 30 % à 60 % des baisses de performance en course d’endurance peuvent être expliquées par l’augmentation de la masse grasse des enfants, a déclaré le Dr Grant Tomkinson. C’est un problème dans la plupart des pays occidentaux, mais certaines parties de l’Asie, comme la Corée du Sud, la Chine continentale et Hong Kong voient également de plus en plus ce phénomène ».

Au cours de sa présentation, le chercheur a insisté sur l’importance de l’activité physique pour les enfants. « Si un jeune est en surpoids maintenant, alors il sera plus à risque de développer des maladies comme les maladies cardiaques plus tard, » a conclu le Dr Tomkinson.

Mathilde Bourge