Tabac : réduire sa consommation ne réduit pas la mortalité

Selon une étude écossaise, réduire sa consommation de tabac aurait un impact insignifiant sur la santé. Seul le sevrage définitif diminuerait les risques.

0
3066
Un ancien fumeur retrouve, en moyenne, une espérance de vie comparable à celle d’un non-fumeur après 10 à 15 ans de sevrage. ©ThinkStock

Fumer moins tue aussi. Une étude écossaise publiée la semaine dernière dans la revue américaine d’épidémiologie démontre que le fait de réduire sa consommation de tabac n’aurait quasiment aucun effet sur la santé. Seule solution : arrêter définitivement la cigarette.

Tabac : fumer une seule cigarette par jour ne réduit pas la mortalité

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont suivi pendant près de quarante ans plus de 5 000 fumeurs vivant en Écosse. Bilan : diminuer le nombre de cigarettes fumées quotidiennement réduirait de manière insignifiante le taux de mortalité.

> Lire aussi : Alcool, tabac – Les jeunes de plus en plus accros !

Ce n’est pas la première fois que des travaux scientifiques viennent souligner l’importance du sevrage définitif. En 2005, une étude norvégienne menée pendant trente ans auprès de 43 000 témoins révélait que le fait de fumer « seulement » une à quatre cigarettes par jour multipliait par deux le risque de mortalité précoce.

Pour les spécialistes, les dangers du tabac sont davantage liés au temps d’exposition qu’à la quantité consommée au quotidien. « Pour maintenir leur taux de nicotine, ces fumeurs qui se privent ont tendance à tirer plus intensément sur les cigarettes restantes, ce qui les expose à autant de substances toxiques qu’avant », explique au Figaro le Pr Henri-Jean Aubin, tabacologue à l’hôpital Paul-Brousse de Villejuif.

Tabac : seul le sevrage définitif diminue les risques

La seule solution efficace serait le sevrage définitif. Parmi les méthodes mises en avant au sein de l’étude : la cigarette électronique, les patchs, les gommes et autres substituts à la nicotine en vente sur le marché.

Selon l’équipe de chercheurs, la réduction d’au moins 50 % de sa consommation de tabac aurait tout de même un avantage : celui de conduire à un arrêt définitif, dans la plupart des cas.

Un an après le début de son sevrage, un ex-fumeur présente un risque d’infarctus deux fois moins élevé qu’auparavant et un risque d’accident vasculaire cérébral identique à celui d’un non-fumeur. De manière générale, un ancien fumeur retrouve une espérance de vie comparable à celle d’un non-fumeur après 10 à 15 ans de sevrage.

> Lire aussi : Une plage sans tabac à Saint-Malo

Damien Rigat