Technologie et santé : le CNIL met en garde contre le quantified self

Elles nous disent tout : sommeil, nombre de pas ou de calories brûlées. Et elles se multiplient au fil des mois. Elles, ce sont ces applications santé appelées « quantified self », qui stockent des données très personnelles. Le Cnil nous met en garde contre ce phénomène.

0
7707
On estime que le marché de la m-santé (santé mobile) pourrait atteindre les 26 milliards de dollars d'ici 2017. ©ShutterStock

Aujourd’hui on en comptabiliserait plus de 100 000. Censées nous aider à mieux appréhender notre corps, nos besoins, le tout en conformité avec les normes nutri-santé, les applications quantified self, faussement catégorisées dans la santé, pullulent sur nos smartphones. La Commission nationale de l’information et des libertés (Cnil) tire la sonnette d’alarme et clame son opposition à ce phénomène du « moi quantifié ».

Une frontière floue entre santé et bien-être

Ce quantified self génère et stocke une quantité importante de données personnelles non protégées, sans que les utilisateurs en aient réellement conscience. Comptabiliser le nombre de pas au quotidien, les calories brûlées, les kilomètres parcourus, les heures et phases de sommeil. Tout se sait.

L’individu laisse apparaître une « empreinte du corps » sur « une frontière floue du bien-être et de la santé » au sens médical, alors même que ces données qui « touchent à l’intimité » sont souvent destinées à être partagées, argumente le Cnil. Alors que la collecte et l’usage des données de santé par les professionnels (médecin, laboratoires, sécu, etc.) sont soumises à un cadre strict, ce n’est pas le cas avec le quantified self. Ici, la pratique s’inscrit plutôt dans un phénomène de mode.

Quantified self : une pratique qui tend à se normaliser ?

Plus inquiétant encore pour le Cnil, les utilisateurs pensent « établir un rapport direct avec leurs données » oubliant ainsi l’entreprise commerciale derrière l’application. Des entreprises qui ont trouvé là le bon filon puisqu’on estime que le marché de la m-santé (santé mobile) pourrait atteindre les 26 milliards de dollars d’ici 2017.

D’autres questions se posent également quant au statut à donner à ses données, à leur centralisation et à leur sécurisation. Mais également à la normalisation de ces pratiques : « Le quantified self pourrait-il s’imposer à chacun ? Pourrait-il devenir suspect de ne pas s’auto-mesurer ? ».

Le Cnil espère livrer d’ici 2014 « ses premières conclusions sur les modalités de régulation envisagées pour accompagner le développement de ce marché tout en préservant la vie privée des utilisateurs ».

Sur le même sujet

Lire aussi : MyVaps : une appli pour cigarette électronique

Lire aussi : Une appli pour suivre les alertes au pollen

Laurie Ferrère