Télé-réalité sur Mars : Thibault, 27 ans, rêve « d’entrer dans l’Histoire »

Les inscriptions pour Mars One, la télé-réalité sur Mars n’ouvrent qu’au printemps prochain, mais certains en rêvent déjà. L’un d’entre eux, Thibault Sana, un jeune chercheur français, nous explique pourquoi il trouve ce projet si attrayant.

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Photo d'illustration / Mars One : les premiers hommes sur la planète rouge pour 2023 ? ©Fotolia

Thibault Sana, doctorant en microbiologie au CNRS de Marseille, souhaiterait participer à l’aventure Mars One. Le jeune homme, âgé de 27 ans, nous fait part de son engouement pour l’aventure imaginée par Bas Lansdorp : une télé-réalité proposant un aller simple pour la planète rouge.

Thibault, 27 ans, futur candidat à Mars One

Que pensez-vous de Mars One ?

Thibault Sana : C’est un projet extraordinaire, qui m’a tout de suite emballé. Mais en creusant un peu, je me suis rendu compte que l’aspect qui me motivait le plus, à savoir la science, n’occupait que très peu de place dans la mission. L’essentiel consistera à survivre dans un milieu hostile, en fabriquant de l’air à partir d’eau extraite du sol par exemple. Les recherches purement scientifiques ne prendront qu’environ 5 % du temps total.

Malgré cela, Mars One reste une très belle aventure à laquelle j’aimerais participer. Si l’on met de côté l’aspect scientifique, il s’agira d’une mission d’exploration inédite. Il y a encore quelques mois, il était inconcevable d’envoyer des humains sur Mars avant 40 voire 50 ans. Nous disposons probablement des technologies adéquates, mais pas des fonds suffisants. Le fait de financer cette mission via la télévision va considérablement accélérer le processus, c’est une idée brillante.

Un aller simple pour Mars, ça ne vous fait pas peur ?

T. S. : C’est vrai qu’au début, l’idée de partir pour ne jamais revenir paraît effrayante. On ne sait pas ce qu’on va trouver là-haut, comment on va se sentir, et, une fois sur place, il sera trop tard pour regretter. Je n’ai pas encore postulé (les inscriptions n’ouvriront qu’au printemps prochain) mais j’ai déjà fait part à l’équipe de Mars One de ma volonté de participer à l’aventure. J’ai réfléchi plusieurs mois avant de leur écrire. Ce n’est pas une décision qui se prend à la légère.

L’idée de quitter vos proches pour toujours ne vous effraie pas ?

T. S. : Si, bien sûr. Si je suis sélectionné, j’aurais peur de tout abandonner. Contrairement à ce que l’on peut penser, les personnes qui envoient leur candidature ne sont pas uniquement de grands solitaires qui veulent tout quitter. J’ai beaucoup d’attaches : ma famille, mes amis… Mais participer à ce projet, entrer dans l’Histoire, ça serait formidable !

Les candidats sélectionnés partiront donc pour un voyage de 7 mois en navette avant d’arriver sur Mars. Pendant le trajet ou sur place, personne ne sera à l’abri d’un souci de santé. Que se passera-t-il en cas de pépin ?

T. S. : Les heureux élus auront au moins huit ans d’entraînement avant de décoller. Ils seront formés au pilotage, à la médecine et autres connaissances indispensables. Je sais que ce n’est pas en si peu de temps qu’on devient un médecin expérimenté, mais les futurs astronautes auront de solides bases. Après, si un problème très complexe survient, le manque de professionnalisme ne jouera sûrement pas en leur faveur.

C’est triste à dire, mais cela fait partie des risques, et les candidats sont parfaitement au courant des dangers auxquels ils s’exposent. Si une personne meurt – ce qui arrivera forcément étant donné qu’il s’agit d’un vol sans retour – je doute que l’équipe de Bas Lansdorp se permette de diffuser cela à l’antenne. Ils feront probablement comme pour Felix Baumgartner, l’homme qui a traversé le mur du son en chute libre. Les internautes pouvaient suivre son saut en léger différé sur Youtube, mais l’image était décalée d’environ 30 secondes, pour pouvoir être coupée à temps si un malheureux incident survenait.

Pensez-vous avoir vos chances ?

T. S. : Honnêtement, non. Il y aura tellement de candidats… Je pense que cela se jouera sur des détails. Par exemple, je souffre d’une légère scoliose et je porte des lunettes. Si, une fois là-haut, elles se brisent, je ne verrais plus rien et je ne serais plus d’aucune utilité. Je ne pense pas que les sélectionneurs prendront ce genre de risque. Ils voudront des personnes en pleine forme, sans « défaut ».

Mieux comprendre ce projet complètement fou, avec la vidéo de présentation de Mars One :

Mathilde Bourge