Tortues, crocodiles et oiseaux : tous de la même famille

D’après une équipe de biologistes américains, les tortues seraient de lointaines cousines des crocodiles et des oiseaux. Elles appartiendraient donc à la famille des archosaures.

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Contrairement aux apparences, les tortues ne seraient pas de la famille des lézards ou des serpents.

Au fil des années, de nombreuses théories ont émergé concernant les ancêtres des tortues. Présentes depuis 200 millions d’années sur la Terre, elles ont évolué très lentement. Malgré cela, elles restent l’un des derniers mystères de l’évolution des vertébrés.

Les tortues ont d’abord été considérées comme appartenant à la famille des reptiles, dont elles auraient été les plus anciens représentants, mais dont elles se seraient vite détachées. Cette théorie se basait principalement sur des caractéristiques physiques, tels que la morphologie du crâne ou la carapace des tortues.

Par la suite, d’autres études sont venues bouleverser les idées reçues. Les tortues ont été associées à la famille de lépidosaures, soit celle des lézards, serpents et tuataras (qui n’a plus que deux représentants en Nouvelle-Zélande).

Analyse de l’ADN des tortues

Mais les progrès réalisés dans l’étude moléculaire des espèces a de nouveau chamboulé l’arbre généalogique des tortues. Des scientifiques américains ont finalement conclu qu’elles provenaient de la famille des archosaures, c’est-à-dire des grands-pères des dinosaures ayant vécu il y a 250 millions d’années et dont sont issus les crocodiles et les oiseaux.

Cette équipe de biologistes a ainsi utilisé une nouvelle méthode consistant à trouver des éléments génétiques similaires présents dans toutes les espèces concernées – dits « éléments ultra-conservés » ou UCE – à étudier l’ADN qui leur est associé et enfin, à comparer le tout pour tenter de reconstruire l’histoire de l’évolution des tortues.

Nicholas Crawford, de l’université de Boston, et ses collègues, ont donc comparé l’ADN d’un serpent des blés, une tortue à cou caché d’Afrique, une tortue peinte, un alligator d’Amérique, un crocodile marin et d’un tatuara.

Pour plus de précision, ils ont ajouté au comparatif de l’UCE de coq sauvage originaire du Sud-Est asiatique, qui est à l’origine de toutes les poules domestiques, d’un diamant mandarin – un oiseau très répandu en Australie – d’un anole vert –espèce de lézard aux Etats-Unis – et ont complété le tout par un génome humain.

Les chercheurs ont, au final, abouti à 1145 UCE. L’analyse comparée de ces éléments ultras-conservés ont fourni la « preuve écrasante » que les tortues sont bel et bien issues des archosaures. « Etant donné que les UCE sont conservés à travers la plupart des groupes de vertébrés, et qu’on les trouve également chez certaines moisissures et insectes, notre approche est généralisable au-delà du seul cas de cette étude et elle est pertinente pour résoudre de vieilles énigmes sur l’évolution de la vie », assurent les auteurs de l’étude, publiée dans la revue Biology Letters de l’Académie des sciences britannique.

Mathilde Bourge